P'tits bouts de vie

une doula, c’est quoi ?

Ce soir, je vous propose un billet un peu différent puisqu’il n’a pas été rédigé de ma main. En effet, j’ai proposé à Maeliss, qui est doula en Belgique, de nous présenter son beau métier encore trop peu connu en France. Elle a accepté (ben oui sinon je ne vous raconterais pas tout ça) et c’est donc avec grand plaisir que je lui laisse la parole !

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Aujourd’hui j’ai l’immense plaisir d’être invitée par Maman Chamboule Tout pour vous parler de mon métier, celui de doula.

Petite précision, je vais parler en “je” et me garder de généraliser. En effet, le monde des doulas est vaste et nous avons toutes nos spécificités. 

C’est quoi une doula ?

Si je dois choisir une définition simple, je choisirais celle-ci : une doula est une femme (les hommes sont extrêmement rares) qui accompagne une autre femme et/ou un couple du désir de grossesse au premier temps avec bébé en passant par la naissance, l’allaitement,…

Cette période est très large et donc en tant que doula j’accompagne les parcours PMA, adoption, IVG, IMG, fausses couches (quel mot atroce!), les naissances quelles qu’elles soient (physiologique, AVAC (accouchement par voie basse après césarienne), Césarienne, avec péri ou pas,….), difficulté lors des premiers temps avec bébé, allaitement,…

Bref, c’est très très large. Et c’est une des choses que j’aime particulièrement d’ailleurs avec mon métier, la grande variété. 

Cet accompagnement est physique, relationnel mais pas médical. Je ne travaille que quand il y a un suivi médical et en complément de celui-ci, voire en collaboration. 

Et là, vient souvent la question :

C’est quoi la différence entre une sage-femme et une doula?

Bon, honnêtement, je n’aime pas trop cette question car elle invite à se positionner en “contre” ce qui ne me convient pas. Je vais donc donner la différence et ensuite vous expliquer pourquoi j’ai décidé de devenir doula et non sage-femme (et non, ce ne sont pas les études, les gens qui me connaissent savent que j’adore ça!). Une sage-femme s’occupe du côté médical, pas la doula. Certaines sage-femmes vont également s’occuper des autres aspects, pas toutes. Chez la doula, c’est le coeur de son travail.

Pourquoi je ne suis pas devenue sage-femme

Je vais partir d’une maman que j’ai accompagnée. M. avait une pathologie considérée comme très préoccupante surtout durant une grossesse. Quand elle rencontrait des professionnels de la santé, en toute logique, les rendez-vous tournaient énormément autour de cette question. 

Avec ses amis aussi, “Comment tu vas faire avec le bébé”. “Enceinte avec cette maladie, mais tu es folle!”,… 

Elle m’a dit qu’avec moi, elle avait un espace pour être enceinte, tout simplement. 

Pour moi, c’est une des clefs dans cet accompagnement : en retirant les aspects “techniques” du médical, j’ouvre la porte à tout le reste. Bien sûr, on parle de ces questions. Mais pour les questions médicales, je n’ai pas les réponses. Je peux donner de l’information, accompagner à ce que vous cherchiez et trouviez vos réponses. Il n’est pas toujours facile de prendre sa place face à l’équipe médicale et en tant que doula, j’aide les (futurs) parents à oser poser leurs questions et affirmer leur choix ou ouvrir leurs perspectives. Par exemple, si vous ne savez pas qu’il est intéressant de s’interroger sur le clampage tardif du cordon, vous ne risquez pas de poser la question à votre équipe médicale et allez passer à côté d’un choix que vous auriez pu poser.

La doula, ce porte-avion

Si vous connaissez Isabelle Filliozat, vous connaissez sans doute la métaphore du porte-avion. En gros, le parent (et spécifiquement celui qui est la figure d’attachement principal) est un porte-avion. L’enfant est un petit avion qui part régulièrement en exploration et qui a besoin de remplir son réservoir sur le porte-avion (avec de l’amour, des câlins, du jeu…). Si le porte-avion est occupé (par un autre avion par exemple comme un petit frère), l’avion donne des signaux de détresse. Ce porte-avion a également besoin d’être stable.

En tant que doula, je me vois comme le porte-avion du couple que je reçois, de la maman plus spécifiquement. J’ai une confiance en son corps, en elle, pour donner naissance, pour devenir mère, devenir la mère qu’elle veut être. Pour pouvoir faire ses choix à elle. Et pour cela, elle peut venir se poser auprès de moi. Je vais l’accompagner dans ses choix, lui donner de l’information. Par exemple, je recommande souvent des livres à mes clientes, car moi les livres j’adore ça!

Accompagner dans les choix, quels qu’ils soient

Dans le parcours bien trop classique de notre société, nous faisons un test de grossesse, nous allons chez le gynécologue et nous suivons le parcours qui est tout tracé. Nous sommes des “patients” et beaucoup de mamans me disent lors des premiers rendez-vous: “Je me pose beaucoup de questions, mais je ne les pose pas. Le médecin doit savoir ce qu’il fait?” 

Mon travail, c’est notamment de permettre aux parents de reprendre du pouvoir dans toutes ces situations. C’est la grossesse de la femme, son corps, la naissance de son bébé.

Pourtant, ce n’est pas forcément le chemin qui nous convient. Et bien trop souvent, cela ne laisse pas beaucoup de place à tout le reste! 

Être enceinte n’est pas une pathologie. Et c’est un moment de grandes transformations et de choix qui vont peut-être avoir un impact important pour le reste de notre vie à nous, femme, notre bébé, les autres membres de la famille. 

Être doula, c’est aussi accompagner le couple

Accompagner le couple dans ces transformations. Permettre au papa de prendre sa place. Il arrive régulièrement que des papas viennent “parce que c’est important pour la maman”. Alors oui, c’est la femme qui est enceinte, le bébé est dans son corps. Mais les transformations que cela implique sont pour toute la famille. 

Et puis, certains papas sont demandeurs (parfois après quelques rendez-vous) d’être acteur auprès de leur femme. De ne pas être “une plante en pot”. Et, en quelque sorte, de devenir la doula de leur conjointe. Être la doula de ces papas est également une merveilleuse option.

Bref, accompagner ces couples et ces familles reflète des réalités et des possibilités quasi infinies. 

 

Une doula, c’est pour les naissances

Et bien, pas forcément. J’adoooooooooore être là lors d’une naissance. C’est magique pour moi. Et en même temps, il m’arrive régulièrement que des mamans viennent avec ce besoin (ma présence à la naissance). Mais au cours de l’accompagnement, elles reprennent du pouvoir, leur couple aussi. Et au final, elles se sentent en confiance avec leurs choix, l’équipe qui sera avec elle, et ma présence n’est plus nécessaire. Pour moi, c’est toujours très émouvant et une grande “réussite”. 

De cela, je pense vraiment que je peux dire que ma définition de la doula c’est quelqu’un qui va vous accompagner pour trouver votre chemin, vous accompagner sur ce chemin, quelque soit les bifurcations qu’il prendra. 

Le post partum

La doula accompagne également le post partum au sens large. Pour ma part, dans les tous premiers temps avec bébé, je me rends à domicile, quand la maman en a besoin/envie. Je lui permets de parler de ce qui se passe pour elle, de lui apporter le soutien dont elle a besoin. 

Cela peut passer simplement par de l’écoute, lui permettre de prendre une douche au calme, m’occuper du bébé le temps que maman profite du plus grand, accompagner l’allaitement, les questions sur le couple… A nouveau, cela reflète de très vastes réalités, toujours en s’adaptant aux besoins et chemin de la maman et de la famille.

D’autres outils

Bien souvent, les doulas ont d’autres outils. Pour ma part, je suis coach parental formée à la méthode d’Isabelle Filliozat. Cette approche est centrale dans ma façon d’être doula. Et j’ai également d’autres outils (massages, accompagnement du burn-out parental, méthode Bonapace, couches lavables…).

D’autres doula sont formées au portage physiologique, au langage des signes avec bébé, à l’hypnonaissance, au yoga pré et post natal,…

Et bien entendu, ces éléments peuvent vous guider dans le choix d’une doula.

Le réseau

Et puis, les doulas ont bien souvent un réseau assez large de professionnels pour vous rediriger en cas de besoin ou d’envies (un ostéopathe, une sage-femme merveilleuse, un super gynéco (si si, il y en a!), …

C’est donc un métier aux multiples facettes. Je pense que je peux en parler des jours entiers ! Et c’est avec plaisir que j’en parle sur ce blog.

Merci à toi Maman Chamboule Tout. 

 

Pour en savoir plus sur le parcours de Maeliss, je vous invite à lire ce billet ou elle répond aux questions qui lui sont le plus souvent posées !

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N’hésitez pas à partager vos questions et remarques en commentaire, nous y répondrons avec plaisir (promis si je n’ai pas la réponse en stock je ne réponds pas n’importe quoi, je demande à Maeliss).

Suivez maman chamboule tout !

14 commentaires

    • Maman chamboule tout

      Je suis contente que ça t’ai éclairé ! En France la formation la plus connue et la mieux “reconnue” est proposée par l’institut de formation des doulas de France et dure 26 jours. Je sais qu’il y en a une nouvelle qui vient d’être proposée et qui est aussi complète et répond à la charte des doulas de France mais c’est très récent. Sinon il existe des petites formation partielle mais loin d’être aussi complète et je pense que dans le lot il ya des arnaques.
      Et sur son site, Maëliss explique comment ça s’est passé pour elle, en Belgique, je rajoute le lien au bas de ce billet.

  • Workingmutti

    Pour mon 3e bébé, j’avais été accompagnée par une doula sur la fin car je me suis sentie vraiment toute seule face à mon projet d’AVAC (accouchement voie basse par césarienne), et surtout, j’avais peur de refaire une dépression du post-partum. Malgré l’échec, je me suis sentie bien, et je pense qu’elle a eu un grand rôle à jouer là dedans.

    • Maman chamboule tout

      Merci pour ce partage d’expérience ! Je serais très curieuse d’en savoir plus si tu as envie de me raconter cette expérience en détail !

  • Docteur Mamangue

    Merci à vous deux pour cet article qui va en intéresser plus d’une. En tout cas, c’est un très joli métier.
    Je me posais la question du coût financier moyen pour le couple. J’imagine que cela dépend mais est-ce à la séance ou un forfait?

    • Maëliss Doula

      Cela dépend de la doula et notamment ce qui se pratique dans le pays. Dans les pays anglo-saxons, il y a beaucoup de systèmes de forfaits. En Belgique, pour la France je laisse maman-chamboule-tout répondre, c’est rare. Ou les forfaits sont juste des “packs” de rendez-vous.

      Même si j’aime bien l’idée des forfaits, je fonctionne pour le moment au rendez-vous. Mes tarifs sont sur mon site. En Belgique, globalement les rendez-vous tournent autour de 1H30/ 50-60€ . Et après, cela dépend des couples. Il y en a que je vois très régulièrement (toutes les semaines voir plus en post partum) et d’autres ponctuellement en fonction de leurs besoins. 🙂

      Le mot d’ordre pour moi, c’est de m’adapter aux parents et à leurs besoins. Il m’est arrivé de travailler au forfait quand des parents en avaient besoin et m’ont fait la demande. A ce moment, on en discute.

      • Maman chamboule tout

        Je viens compléter la réponse de Maeliss. En France c’est aussi un peu à la carte. En général les doulas proposent des forfaits ainsi que des tarifs au rendez-vous et les couples choisissent en fonction de leur besoin. Il est clair que se faire accompagner par une doula à un coût. Mais je pense que cela peut aussi être mis sur une liste de naissance par exemple. Quand je vois tous les cadeaux reçus à l’arrivée de mon fils, j’aurais pu me payer au moins deux accompagnements complets ! Lorsqu’on voit le prix d’une poussette neuve cela fait relativiser je trouve (même si je suis tout à fait consciente que ce n’est pas à a portée de tout le monde).

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