P'tits bouts de vie

L’angoisse du déconfinement

En écrivant le titre de ce billet je me suis demandée si je ne marchais pas sur la tête. J’ai adoré être confinée en famille, j’étais bien consciente que ça n’était pas des vacances, que quelque chose de grave se passait dehors, mais  je l’ai vécu comme tel. Malgré un brin de culpabilité les premiers temps, cela m’apparaissait finalement comme la meilleure chose à faire : profiter de ce temps en famille pour regarder mon fils grandir, vivre dehors au soleil une bonne partie de la journée, bouquiner et faire à manger (beaucoup trop) le reste du temps. 

Puis, deux semaines avant la fin du confinement, je suis repartie travailler et quelques jours après petit Lu a repris la crèche. Mais nous étions toujours officiellement confinés, ce qui voulait dire que c’était tout à fait normal de ne croiser que peu de voitures et de ne pas pouvoir sortir, ou très peu.

Et puis le 11 mai est arrivé, et finalement bien peu de choses ont changé. Certes, j’ai pu courir acheter des chaussures à la bonne taille pour Petit Lu qui n’avait plus que ses bottes en caoutchouc à se mettre, mais à part l’accès à plus de magasins je ne vois pas de différence, encore plus dans notre région “rouge”.

Et c’est maintenant, il est fort probable que je sois bien longue à la détente, que la situation m’angoisse vraiment. Parce que, officiellement le confinement est bien fini, mais le virus est toujours bien présent et nous avons perdu notre insouciance d’avant mars. Vous savez, quand on n’avait pas besoin de se désinfecter les main avant de rentrer dans un magasin, puis en sortant, puis un petit coup pendant les courses au cas ou. Ce temps ou les masques n’étaient destinés qu’aux soignants et ou l’on pouvait innocemment se gratter le bout du nez (j’ai bien dit le bout…) sans se demander si on était en train d’attraper une maladie grave. 

Ce foutu virus ne m’inquiète même pas pour moi, ni pour nous 4, nous ne sommes pas à risques, mais j’ai peur de me faire le vecteur qui pourrait envoyer une personne bien plus fragile que moi en réanimation, ou même pire… 

Au final, à peu de chose près, nous continuons et continuerons à vivre comme pendant le confinement. Nous n’avons pas vu les grand-parents fragiles depuis plus de deux mois et ils commencent vraiment à nous manquer, c’est ce qui est le plus difficile pour moi. 

Hier soir nous regardions un documentaire sur Marie-Antoinette. Lorsque le Hameaux de la Reine est apparu à l’écran j’ai immédiatement eu envie d’y aller, c’est ce que je préfère à Versailles, et là j’ai tristement réaliser que ça ne serait peut-être pas possible avant longtemps

Petit Lu nous parle souvent des gens qu’il aime et qui lui manque, de ce qu’il fera quand il n’y aura plus le gros rhume… Il attend avec tellement d’impatience de monter tout en haut de la tour Eiffel avec ses grand-parents. Et puis l’annulation de cette semaine que nous projetons de passer en Alsace chez des amis en juin, semaine durant laquelle ils nous auraient fait découvrir les merveilles de leur belle région.  

Alors bien entendu, il y a plus grave que l’annulation des balades et sorties culturelles que nous avions prévu, j’en suis tout à fait consciente. Mais à travers ces annulations et ces reports à des dates lointaines et incertaines, j’ai l’impression que c’est tout un avenir très flou qui s’ouvre à nous. Aucun projet n’est réellement envisageable et cette impossibilité de se projeter dans le futur me pèse, moi qui ait tellement l’habitude de tout planifier. 

Je vais tenter de prendre les jours tels qu’ils viennent, comme je le faisait durant le confinement, sait-on jamais, quelque chose de positif en sortira peut-être si je continue à apprendre à vivre dans le présent.  

***

Et chez vous, quelles sensations riment avec déconfinement ? Plutôt angoissé ou soulagé ? 

 

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12 commentaires

  • Docteur Mamangue

    J’alterne entre la sérénité de vivre le moment présent, la plupart du temps, et les quelques bouffées d’angoisse face à l’incertitude sur ce qui nous attend. Comme toi, le plus difficile c’est de ne pas pouvoir projeter les week end en famille avec les papys mamies. Ne pas savoir si on y enverra les enfants cet été…

    • Maman chamboule tout

      Les grands-parents commencent à manquer cruellement à tout le monde j’ai l’impression ! Et je n’imagine même pas comme ça doit être difficile de leur côté… J’espère que l’on pourra bientôt se projeter à nouveau.

  • Marine

    Cette période est tellement bizarre. A la fois, on est déconfinés et en même temps pas grand chose n’est comme avant. L’école ne reprend qu’à mi-temps, on continue donc l’école à la maison. Et puis il y a ces masques partout et tout le temps. C’est anxiogène. Ces gens qu’on ne peut pas approcher, ni embrassé. Je suis d’accord avec toi, c’est plus stressant que le confinement en lui-même !

    • Maman chamboule tout

      Je suis d’accord, c’est très bizarre de croiser des gens masqués partout et tout le temps.J’en mets un aussi, histoire de protéger les autres, mais je n’arrive toujours pas à y penser systématiquement. Courage pour l’école à la maison, notre grande reste aussi sur ce mode de fonctionnement et ce probablement jusqu’en septembre.

    • Maman chamboule tout

      L’idée est bonne quand on est vraiment resté confiné ! Le problème c’est que même si on est sorti le moins possible on a quand même gardé l’alternance de garde de Grande Ju et sa maman enseignante à continuer à travailler avec des enfants de personnes particulièrement exposées.

  • 3 kleine grenouilles

    Nous continuons à voguer sur cet entre-deux : je suis en télé-travail une partie de la semaine et au travail l’autre partie. Les deux grands iront trois jours par semaine à l’école (en service d’accueil et en classe) et les deux autres, nous serons ensemble à la maison. Depuis le début, il n’y a en fait que mon mari et la petite qui ont gardé leur rythme normal.
    Ce qui m’inquiète le plus, c’est la santé de mes parents qui est de moins en moins bonne et le fait que les frontières sont toujours fermées entre l’Allemagne et la France. J’espère que nous pourrons venir les voir en juillet.
    Bon courage !

    • Maman chamboule tout

      Je comprends que ces frontières fermées t’angoissent, ne pas pouvoir rentrer dans son pays doit faire un drôle d’effet. J’espère de tout coeur que ce virus disparaitra vite comme il est venu et que l’on pourra à nouveau voir les gens sensibles qui nous manquent.

  • Nanakie

    Je comprends tout à fait ! Et même si j’ai été un peu confrontée via le secteur médical, l’une des choses qui m’affecte le plus c’est comme toi, l’annulation de nos vacances et l’incapacité à se projeter (on en avait déjà parlé 😉 ).

    • Maman chamboule tout

      C’est là qu’on se rend compte qu’on se projette énormément et qu’on vit beaucoup dans le futur tout de même… J’essais de me dire qu’on aura d’autres projets à venir !

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