peur de l'école
P'tits bouts de vie

J’ai peur

Voilà, nous sommes vendredi 28 août et j’ai peur, terriblement peur. J’ai peur de la rentrée qui s’approche. Oh, pas comme beaucoup de parents qui s’inquiètent des mesures spécial coco et de leur impact sur les enfants, non ça je m’en fou royalement. Moi, j’ai juste peur de l’école. Cette peur viscérale, ancrée au fond de mes tripes comme quand j’étais gamine. Je me rappelle comme elle faisait mal cette angoisse. Le ventre qui se sert, la gorge qui se noue, les mains qui tremblent. L’odeur de détergent du préau, le brouhaha, tout me revient comme un boomerang. 

Et les autres, il y en a partout, plein d’enfants qui crient, rient, pleurent. Ils sont tout autour de moi et pourtant je me sens si seule. Je ne sais pas communiquer avec eux, il y a une défaillance quelque part dans mon système, je ne vais pas y arriver. Je veux juste courir loin, très loin, m’enfermer dans un trou de souris et ne plus jamais en sortir. 

Et la maîtresse, elle n’est pas méchante la maîtresse mais je ne comprends pas ce qu’elle me dit, je n’arrive pas à me concentrer, je me débat dans un brouillard qui m’étouffe et me fait perdre mes repères. 

Alors j’active, je ne sais trop comment, un pilote automatique dans mon cerveau, un mode survie : respirer, ne pas pleurer, ne pas hurler, et laisser mon esprit vagabonder pour calmer un peu l’angoisse et le mal-être.

Le mal-être, le mot est posé. Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit, des années et des années de mal être, une enfance en apnée ou je ne vivais vraiment qu’en dehors des périodes scolaires. Des longues soirées du dimanche à appréhender le réveil du lendemain, à rêver d’arrêter le temps ou encore mieux, de l’accélérer jusqu’à ce que je sois grande, jusqu’au jour il ne faudrait plus subir l’école. 

Aussi loin que j’arrive à remonter dans mes souvenirs d’enfance il y a cette peur en toile de fond, elle entache tout, même les bons moments puisque les rentrées reviennent toujours. Elle ne se calme vraiment qu’en juillet, quand je sais que j’ai deux mois pour souffler. 

En toile de fond il y a aussi cette envie de bien faire, de satisfaire les parents et la maîtresse, mais sans jamais y arriver. Cette sensation d’être nulle, toujours et en tout.

Je termine là cette amère digression tout en réalisant que l’école m’a bouffé mon enfance. Les fins psychologues me diront que je risque de transmettre mes peurs à mon fils, je leur répondrais que je rêve que ça ne soit pas le cas mais que je n’ai pas le mode d’emploi. Les peurs ressortent toujours du placard sans qu’on ne maîtrise rien, sinon elles n’en seraient pas. 

Alors je pose ici ces mots, parce qu’exprimer ses peurs c’est déjà un peu avancer. Et puis tout simplement parce qu’avant mardi 9h, il fallait que ça sorte au risque que ça explose. 

Je ne jette la pierre à personne, je crois même que mes maîtresses étaient, pour la plupart, particulièrement gentilles et soucieuses de bien faire leur travail. Mais c’est ainsi, il y avait un faussée entre le système scolaire et moi. 

Maintenant que j’ai épancher (un peu) mes peurs je vais être forte pour toi, mon fils. 

Mardi je te prendrai la main, je la serrerai très fort en te menant jusqu’à l’école. Et surtout je te rappellerais que je t’aime, que je suis fière de toi pour ce que tu es, qu’apprendre c’est avant tout se tromper. 

 

PS : j’ai écrit ces quelques lignes vendredi, à chaud. Depuis nous avons visiter l’école samedi et rencontrer les maîtresses, je suis un peu plus sereine, même si je sais que ça sera difficile (pour moi). Mais j’avais tout de même besoin de publier ce billet pour faire sortir les vieux démons.

 

Suivez maman chamboule tout !

8 commentaires

Répondre à Docteur Mamangue Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *