Mode transition écologique activé

Déprime écologique

Ce mois-ci je n’ai pas d’astuce à vous partager mais plutôt des interrogations

C’est un fait, ma prise de conscience m’amène à adopter chaque jour de nouveaux gestes qui, mis à bout bout, je l’espère, allégeront notre empreinte écologique. 

Vous connaissez les grandes lignes de ces nouvelles habitudes : je ne consomme plus de vêtements neufs, nous tentons de diminuer nos déchets, de consommer mieux et plus local. Bref, nous devenons de parfait bobo écolos. 

Suite au déconfinement les magasins autours de chez moi (vraiment très nombreux) sont pris d’assaut. La course à la consommation reprend de plus belle, comme si les gens avaient besoin de rattraper ces deux mois à ne pas pouvoir dépenser comme ils le souhaitaient.

 

Face à cette attitude mes sentiments sont très ambivalents (on dirait que j’aime avoir le cul entre deux chaises en ce moment). D’une part, cette course à la consommation m’attriste maintenant que j’en mesure pleinement l’impact écologique. D’autre part, je ne peux m’empêcher de me dire qu’il faut relancer l’économie au risque de voir notre pays s’effondrer.

C’est la que les questions qui me tarabustent en ce moment font leur apparition. 

 

Comment concilier économie et écologie ?

Je suis parfaitement consciente que l’argent est une nécessité

Les pays ont besoin de moyens pour offrir aux habitants les structures nécessaires à la vie quotidienne. Écoles, hôpitaux, infrastructures routières, la construction et l’entretien de tout cela a un coût. 

Les foyers ont aussi besoin d’argent pour se loger, se nourrir, se divertir (même si, ne l’oublions pas, certains divertissements ne coûtent rien).

Il y a quelques temps, dans ce billet original, Dinde de toi nous confiait ses idées pour limiter notre impact écologique. L’un de ses axes de réflexion était de démilitariser le pays. En grande ecolo-pacifiste que je suis j’avoue que l’idée (qui m’avait déjà traversée l’esprit) m’a séduite. Oui mais… D’après les chiffres (trouvés sur Wikipedia) l’armée française emploie plus de 260 000 personnes. Ces gens ont besoin de travailler, non seulement leur emploi les fait vivre mais les taxes qu’ils reversent à l’Etat participent à l’économie de celui-ci. 

La problématique de la (sur)consommation est un peu la même. On consomme donc on pollue. On exploite aussi au passage pas mal de petits chinois. Mais, ces petites mains qui, de notre point de vu sont exploitées, sont peut-être contentes contentes d’avoir du travail… 

Si tout le monde faisait comme moi et cessait brutalement de consommer des produits textiles neufs, une partie de l’économie mondiale s’effondrerait, j’en suis bien consciente.

Au quotidien je tente de limiter de plus en plus notre consommation de produits sur-emballés, surtout quand celui-ci est composé de plastique. Mais, car j’ai l’impression qu’il y a toujours un mais… je suis aussi consciente que si demain on arrête complètement d’utiliser le plastique pour emballer, je risque de me retrouver au chômage puisque je passe pas mal de temps à réaliser les graphismes qui ornent ces fameux emballages.

Bref, vous l’avez compris, toute cette interdépendance économique me donne le vertige, c’est un peu le chat qui se mord la queue.

Ma prise de conscience est faite et je ne pourrais plus reculer. Mais je me perds aussi dans les considérations dont je vous ai fait part. Je m’interroge énormément sur l’avenir d’un monde que je rêve différent, mais qui me paraît pouvoir s’écrouler si le changement est trop brutal. J’ai également parfaitement conscience que si ce fameux changement ne s’opère pas rapidement le monde s’écroulera de toute façon, que notre planète sera ruinée par nos actes et que là, ça sera vraiment la merde. 

Voilà donc où j’en suis de mes considérations écologiques… je suis consciente que le changement est nécessaire, je m’y emploie chaque jour à mon échelle mais je n’arrive pas à entrevoir ce que le futur nous réserve et ça m’effraie, vraiment beaucoup. 

***

Suis-je la seule à me poser toutes ce questions entre interdépendance écologique et économique ? Avez-vous des embryons réponses à mes questions ? Allez, on en discute en commentaire !

 

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16 commentaires

  • Maëliss Doula

    Tes réflexions me touchent. Personnellement, elle me rappelle que le modèle où l’on croit à la croissance sans fin est une abréation.

    Mais je pense vraiment qu’il faut complètement sortir de ce système. Allez vers une décroissance,… Bref, ne pas aller vers un retour à l’anormal!

    <3

  • Monique

    Bonjour Maman chamboule tout.
    Je lis régulièrement tes publications avec beaucoup d’intérêt mais je n’y ai jamais réagi. Aujourd’hui j’ai envie de réagir à ta déprime écologique car je me pose les mêmes questions à propos du « Jour d’après ». Tu le sais, Maman chamboule tout, car nous nous connaissons, je suis d’un tempérament optimiste … et pourtant depuis un certain temps j’ai la certitude que l’Homme est en train de détruire sa belle planète, de s’autodétruire lentement mais surement. Même si ça se fera doucement cela me semble inéluctable. Ou peut-être, un évènement fera que cette civilisation de surconsommation, des supers technologies, disparaîtra comme d’autres civilisations ont déjà disparu dans le passé, et qu’un nouveau monde renaîtra. Oui, la prise de conscience est là mais j’ai vraiment l’impression qu’il est déjà trop tard. Dans les faits il y a encore trop d’exemples où les intérêts économiques l’emportent sur les intérêts environnementaux. Cela ne peut pas durer, notre planète sature. Les besoins de consommation sont devenus trop importants, les besoins de confort, etc … Encore ce matin j’ai entendu nos dirigeants vouloir sauver le secteur automobile en fabriquant massivement des voitures électriques en France. Mais ce n’est pas cela qu’il faut faire, il faut fabriquer moins de voitures car les voitures électriques ne polluent pas en roulant mais elles polluent après, à la fin de leur vie. Et pendant leur fabrication aussi, d’ailleurs, on n’en parle pas assez. Pour la fabrication des batteries, des hommes, et même des enfants, travaillent comme des esclaves dans les mines de cobalt, de graphite, de lithium … Le raffinage de ces métaux nécessite beaucoup d’eau et de produits chimiques. J’ai l’impression qu’on tourne en rond, qu’on n’y arrivera pas. Quand j’y pense vraiment, cela me rend triste, j’ai l’impression d’un grand gâchis. Alors je profite égoïstement de l’instant présent et je me réjouis d’en parler bientôt avec toi … en Alsace.
    Bisous

    • Maman chamboule tout

      amelie@maman-chamboule-tout.fr
      Maman Chamboule Tout
      https://maman-chamboule-tout.fr

      Merci Monique d’avoir réagi à ce post, cela me touche ! Quand on connait ta nature optimiste c’est en effet étonnant de sentir ta résignation face à cet inéluctable destruction de la planète par l’homme et donc de l’homme par lui-même.
      Cela fait longtemps que je partage ton avis sur les véhicules électriques, entre autre. Aujourd’hui le “plus écologique” est de garder nos voitures actuelles en les entretenant le mieux possible jusqu’à la fin de leur vie et non jusqu’à la sortie du modèle suivant.
      Malgré tout, certain jour, je réussis à être plus positive, à me dire qu’une transition écologique est possible. Je ne peux pas accepter de laisser cette situation à nos enfants alors je fais ma part de colibri et je la partage ici, dès fois que cela puisse donner des idées…
      À très vite en Alsace,
      je t’embrasse

  • 3 kleine grenouilles

    L’interdépendance est extrêmement forte, que ça soit économiquement, politiquement ou internationalement. L’autarcie est impossible pour un pays. Les sociétés, l’économie et la politique n’évoluent pas au même rythme et je suis certaine que des entreprises pourraient très vite s’habituer au rejet du plastique et du suremballage s’il était massif dans la société. D’autres métiers, des reconversions seraient possibles et les changements se feraient sur plusieurs années.
    La protection de l’environnement et la critique de la consommation de masse sont de plus en plus fortes et font évoluer les mentalités ainsi que les politiques. Je pense que des changements majeurs auront lieu les prochaines années et j’espère qu’ils seront positifs.

  • Bicounette87

    Bonjour
    Il y 40 ans, j achetais déjà , toutes les fois que c était possible mes vêtements d occasion…..quand je trouvais des petits commerces , spécialisés dans ce créneau.
    Surparis il y en avait-il peu…Donc le reste c était du pas cher, peu de qualité, durée de vie courte, achats nombreux, d autant que j aimais le changement. A noter qu a l époque ,grâce à des médicaments dangereux, mais pris en connaissance de cause, je me ma8ngenais entaille 40/42, un peu plus rondelette que les copines, mais pas de problème ça passait dans le taille unique . Youpi…

    23 ans plus taed. Les médicaments dangereux ne m avaient pas ruiné la santé….MAIS…ont soudainement cessé de faire effet… retour de l obésité

    Alors, trouver des vêtements d occasion devint plus rare même en région parisienne

    Ensuite, je partis vivre en pleine campagne
    La ville ,a 30 kms, , sans moyen d y aller exceptela voiture, (alors que je conduis très mal, donc avec beaucoup de réticence)n a que deux/trois magasins de vêtements d occasion…très peu de vêtements en taille 52 ( ça se comprend)…et ils ne me plaisent que très rarement…
    J ai renoncé

    Cela me fait un drole d effet, jeune j étais en somme une « predecessrice » , les gens (peu nombreux sachant que mes manteaux de fourrure étaient somptueux mais d occase) trouvaient mon attitude bizarre, et maintenant plein de gens s y mettent, et je ne peux plus

    La vie est bizarre parfois

    Merci pour votre blog
    Bisous à votre fils et bonne continuation

  • Marine

    Je me retrouve dans tes réflexions. Le truc qui m’énerve le plus, justement parce qu’il n’a pas de solution, ce sont les voitures ! Je sais très bien que si plus personne n’en utilisait, ça règlerait une bonne partie du problème et en même temps, je suis moi-même bien obligée de la prendre… C’est insoluble. J’espère aussi que les choses vont changer pour du mieux !

  • Nanakie

    Je suis en processus de déconsommation depuis 5 ans maintenant… et je t’avoue que je n’ai jamais songé à cette inter-dépendance, à ces métiers et secteurs qui disparaitraient…Mais même après t’avoir lu, ben je n’ai pas envie de pleurer sur la disparition du job militaire (entre autre). Ces gens trouveront aisément de quoi se reconvertir 🙂

    Quand à cette consommation qui doit absolument se faire pour faire vivre le pays, c’est du bullshit : dans un processus de déconsommation total, ben ce n’est justement pas sur la consommation que se fait l’économie d’un pays. C’est pourquoi le changement doit être fait en profondeur, et que les petites initiatives personnelles ne sont hélas, pas suffisantes 🙁 C’est plutôt ce triste constat qui me rend amère en ce moment…

    • Maman chamboule tout

      C’est aussi ce constat que sans la volonté des gouvernements on ne s’en sortira pas qui m’attriste. Mais je pense que toute cette interdépendance est aussi à l’origine du problème, ça parait inextricable et personne n’a le courage de s’y coller…

  • Dinette & Paillettes (Maman Pétille)

    C’est “marrant” puisque c’était justement notre sujet de discussion d’hier soir avec l’homme.
    Nous avons eu l’idée (quelle drôle d’idée tu vas me dire) de mettre BFM pour avoir un résumé des différentes annonces faites et là grande surprise, ils ne parlaient que d’économie, de consommation, …. Bref, un peu dépitée…

    • Maman chamboule tout

      En effet, c’est une très mauvaise idée… je ne regarde plus les infos depuis longtemps, ça me déprime ! Je trouve que toujours mettre le négatif en avant pour effrayer et faire monter l’audimat est écoeurant. Tant que la seule solution envisagée sera la consommation, l’écologie sera laissée de côté.

  • Dinde de Toi

    Coucou 😀 et merci pour la référence.
    Les employés de l’armée peuvent se reconvertir dans la transition écologique, par exemple.
    On ne peut pas rêver d’un nouvel ordre social, d’une belle planète verte, tout en gardant le confort de son train train quotidien. Être zéro déchet cuisine salle de bain, acheter d’occasion c’est bien (et tout effort est bon pour la planète) mais si c’est pour se donner bonne conscience lors de son séjour annuel à l’autre bout du monde, lors de ses allers et retours en voiture pour aller à son lointain travail, lors de ses repas riches en protéines animales… Tous ses petits efforts du quotidien sont immédiatement réduit à néant parce que « on ne va pas s’arrêter de vivre » ou autre.
    Il faudrait bannir la voiture. Si ton emploi est trop loin pour y aller en vélo ou en transports en commun tu trouves autre chose, point barre.
    Il faudrait interdire les pelouses (une monoculture juste pour le plaisir des yeux 😳😳) et obliger tous ceux qui possèdent un bout de jardin à créer un potager, ou à planter des arbres / arbustes variés et locaux.
    La transition écologique c’est sauver la planète et il faudra consentir à des sacrifices énormes, bien plus importants que « je change mon portable tous les deux ans ».
    Quand nous serons face à LA crise environnementale, quand y’aura plus de poisson, que le tiers monde crèvera encore plus de soif (et de faim), qu’on enchainera canicule sur canicule… c’est seulement à ce moment là que les gouvernements vont se bouger. Autrement c’est consommez braves gens.

    • Maman chamboule tout

      Vu comme ça c’est certain que les problèmes que je voyais disparaissent 😉
      mais penses-tu vraiment que l’on puisse arriver à une telle transition sans l’aide des gouvernements ? Regarde les (très) nombreuses campagnes françaises dont les habitants sont loin de tout, trouver un emploi proche de chez soi signifie pour eux d’aller vivre en ville et ils n’en ont surement ni les moyens ni l’envie.
      Pour ce qui est des sacrifices je suis prête à en faire de plus en plus mais j’ai l’impression que sans une trame ces gestes restent trop isolés et me semblent presque inutiles.
      Mais clairement, je vote aussi pour toi aux prochaines élections !

  • Tom

    Ah, mais le pire, c’est que des solutions à ces incompatibilités entre économie et impact écologique sont réfléchies depuis longtemps.

    En effet, dans le système actuel de relation entre le fait d’avoir un emploi pour recevoir un salaire, en plus d’un financement par le crédit, on ne peut pas en effet réduire la production sans que tout s’écroule économiquement. Le système est toujours en demande de croissance (on l’a bien vu avec le confinement : 2 mois de ralentissement d’activité font des dégâts monstrueux).

    Conclusion logique, pour décroître, il faut changer les relations économiques. Bernard Friot propose le Salaire à Vie : chacun reçoit un salaire en fonction de sa qualification, et non pas en fonction de son poste occupé. Les entreprises ne paient pas les employés, mais versent des cotisations à une caisse des salaires, qui redistribue aux citoyens.

    C’est simple à mettre en place, on sait faire car c’est globalement le fonctionnement du fonctionnariat et des retraites. Il s’agit de l’élargir à tous (non, on ne serait pas tous fonctionnaires !).

    La solution est donc techniquement simple, et elle change tout (enfin, accompagnée d’autres mesures sur le financement des entreprises et projets, qui ne doit plus passer par le crédit).

    Chacun est donc assuré d’avoir un salaire, dans toutes les circonstances. On gagne du temps, de la qualité de vie, et donc par ricochet, la consommation diminue. Les “besoins” de productions inutiles vont diminuer fortement. Et qui voudrait faire un travail inutile si le salaire est assuré ? Donc les travaux et productions inutiles vont fortement diminuer. On rentre naturellement en décroissance (même si le terme n’aura plus de sens dans ce nouveau schéma économique).

    Si on rajoute à ça des incitations fiscales (ou des taxes) vers ce qui se produit localement, on arrive, assez facilement à sortir du Capitalisme.

    Et l’impact écologique de l’activité humaine sera amoindri, sans avoir le sentiment qu’on y perd (on va perdre des choses, mais parce qu’on ne les voudra plus. En échange, on gagnera du temps, donc de la qualité de vie).

    Cett solution peut désarçonner au premier abord, mais elle est très bien fichue, et ses implications sont immenses.

    Actuellement, aucun homme politique ne la soutient. Pourtant c’est une piste simple à mettre en place et d’une efficacité (forcément théorique) impressionnante.

    Ce n’est pas forcément la seule solution, mais à ce stade, je n’ai pas trouvé mieux 😉.

    Si vous voulez aller plus loin, cherchez le Réseau Salariat.

    Frédéric Lordon, sur son blog, a commencé une série d’articles où il part de la situation économique actuelle et pourquoi la solution de Bernard Friot est un objectif fort intéressant. Reste le plus gros problème : la transition, mais c’est le but de sa réflexion. Le premier article de la série est ici : https://blog.mondediplo.net/quatre-hypotheses-sur-la-situation-economique

    • Maman chamboule tout

      Merci beaucoup pour ce partage très intéressant ! C’est une solution que je ne connaissais pas. En effet, on oublie parfois qu’il existe certainement d’autres schémas économiques qui pourrait résoudre pas mal de problèmes.
      Je vais aller lire ces articles avec beaucoup d’intérêt.

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