P'tits bouts de vie

3 ans de crèche, le bilan

C’était un vendredi soir ensoleillé, veille de départ en vacances, que j’ai franchi le portail de la crèche pour y récupère petit Lu pour la dernière fois.

Je me sentais toute bizarre de me dire que ça y était, c’était fini, à la rentrée mon fils serait un écolier. Le matin déjà, l’homme m’avait envoyé un message mi ému – mi tristounet en se rendant compte que c’était la dernière fois qu’il le déposait.

Pour cette ultime récupération de moufflet ma sœur a voulu m’accompagner et nous étions toutes les deux bien plus émues que petit Lu. Il a fait un énorme câlin à son auxiliaire préférée, on a promis que l’on repasserait à la rentrée et on est parti se balader dans le parc.

Malgré la petite pointe de nostalgie je suis aussi soulagée, ces derniers temps petit Lu n’avait plus envie d’aller à la crèche. J’avais déjà parlé de notre expérience après une première année de crèche par ici. Je vais tenter, en quelques mots, de résumer mon impression générale.

 

Franchement, je pensais que ça serait plus facile, la crèche ! 

Je me rappelle comme nous étions heureux à la réception de la réponse positive de la crèche. Nous l’étions déjà nettement moins quelques mois plus tard en le retrouvant chaque soir en larmes parce que, je cite : “un enfant doit s’éveiller tout seul sur le tapis”. Hummm… quelques moments par ci par là ok, mais à 17h, quand il est épuisé de sa journée et attend le retour et ses parents, il a juste besoin de contact en fait.

A ce moment là on a bien failli tout lâcher et chercher une assistante maternelle. Mais, peu de temps après il s’est mis à se déplacer à 4 pattes, plus de frustration donc, liée à son immobilité. A partir de là on a vécu une année  et demie d’épanouissement à la crèche. Il y avait toujours des moments où il ne voulait pas y aller mais il passait de bonnes journées. 

Pour sa dernière année de crèche l’auxiliaire avec laquelle c’était compliqué au début (mais plus une fois qu’il se déplaçait) est partie. Il n’a jamais accroché avec la nouvelle, je crois qu’il en avait un peu peur. La dernière année a donc était une alternance de bonnes et de mauvaise périodes selon les humeurs des uns et des autres.

Ce que je retiendrais et qui ne m’avait pas effleuré l’esprit quand j’ai demandé une place en crèche, c’est qu’on ne choisit pas qui s’occupe de notre enfant (c’est logique, mais que voulez-vous mes connexions neuronales ne sont pas toujours au point). Or, la relation qu’il entretient avec les auxiliaires est primordiale pour qu’il se sente en sécurité et puisse vraiment s’épanouir. 

 

Alors la crèche c’est aussi du positif, bien entendu ! 

Il y a rencontré ses premiers copains et copines, à énormément gagné en autonomie juste en observant les plus grands, et a commencé à se familiariser avec les règles de la vie en société, nécessaires pour s’épanouir dans le respect des autres. Il retrouvera également certains camarades de crèche à l’école et je trouve ça très chouette !

La crèche remplit un critère très important à nos yeux : zéro expositions aux écrans ! Il n’y a pas de télé dans une crèche (en tout cas dans la notre) et ça c’était un critère très important pour nous, nous ne souhaitions pas que notre fils regarde la télé, encore moins sans notre surveillance.

La crèche c’est aussi un choix qui permet d’être (presque) certain que le rythme des bébés est respecté. Contrairement aux assistantes maternelles qui peuvent fréquenter les RAM ou aller chercher des extra-scolaires à l’école, à la crèche il n’y a pas d’autres horaires que celles d’arrivée et de départ (même si, niveau respect du rythme, quand ils sont plus grands et n’ont plus besoin de faire la sieste on la leur impose quand même… coucou les endormissements à 23 h !).

 

Et si c’était à refaire ?

Honnêtement je ne sais pas. Notre bilan est mitigé. Laisser un enfant en pleures à la crèche le matin, l’entendre demander dès son réveil si aujourd’hui il y va, et se mettre à pleurer en entendant “oui” a été difficile pour lui comme pour nous. Les périodes « avec » étaient chouettes mais elles n’effacent les « sans » bien difficiles. Depuis que nous sommes rentrés de vacances il demande souvent si il va y retourner alors qu’on lui a expliqué plusieurs fois que c’était fini. À chaque fois il conclut par un “moi, de toute façon, j’aime pas la crèche, je voulais pas y retourner.”

J’avais envie de poser ici ce petit bilan, peut-être pourra-t-il être utile à d’autres familles qui s’interrogent sur le choix d’un mode de garde.

Rien n’est jamais tout blanc ou tout noir, je ne sais pas comment se seraient déroulées ces 3 années chez une assistante maternelle, mais j’ai souvent eu l’impression que dans la plupart des esprits la crèche est considérée comme fantastique. Même si je ne nie pas que ça puisse être une belle expérience, ce n’est pas pour autant évident pour toutes les familles.

***

Et de votre côté, des retours d’expériences ? Plutôt crèche ou assistante maternelle ?

 

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10 commentaires

  • Catherine

    Mes nièces et neveu ont tous été chez des assistantes maternelles : certaines ont été vraiment adorables, sortaient beaucoup avec les enfants, leur faisaient faire des activités manuelles mais je sais que l’une a été vraiment compliquée à gérer et que ma soeur a dû chercher une solution d’urgence.
    Mes enfants ont tous les trois été en crèche (ou y sont encore pour la petite) et nous sommes vraiment très satisfaits de ce choix, les enfants aussi. Il y a eu, à un moment, une éducatrice qui n’était pas compétente. J’en ai parlé à la directrice qui m’a écouté et qui m’a dit aussi d’aller en parler à l’éduc concernée. Elle n’est pas restée longtemps, je crois qu’ils sont mis fin à son contrat à la fin de sa période d’essai.
    Je crois que chaque système a ses points forts et ses points faibles et que le plus important est de s’assurer que le personnel est compétent.
    Bonne rentrée !

    • Maman chamboule tout

      Je pense que tu as raison et que le plus important c’est que la ou les personnes s’occupant de nos enfants soient compétentes. J’ajouterais qu’il faut aussi partager (un minimum) les mêmes valeurs. Dans notre cas le maternage n’était pas toujours bien vu. Mais c’est certain qu’on peut aussi rencontrer des problèmes avec une assistante maternelle.
      Bonne rentrée à vous aussi (même si il me semble que chez vous c’est déjà fait !).

  • Sophie

    Il y a des inconvénients et des avantages pour la crèche, tout comme pour l’assistante maternelle.
    Je pense que le plus important est d’avoir le feeling avec les personnes qui s’occupent de l’enfant.
    Bon par contre dans les multi-accueil ou il y a plus de 40 – 60 enfants accueillis ce n’est pas toujours possible au vu du nombre.
    Personnellement, si j’avais à faire le choix et au vu des retours d’expériences de mon entourage, je choisirai la crèche 🙂

    • Maman chamboule tout

      Je suis tout à fait d’accord avec toi sur l’importance du feeling et ça peut être le problème avec la crèche. Comme on ne choisit pas qui s’occupe de notre enfant on peut avoir un super feeling (pour nous c’était le cas avec une des auxiliaires de puériculture en particulier), comme ça peut ne pas du tout passer et la on est coincé, le personnel peut aussi changer en cours de route… Je ne cherche pas du tout à donner l’idée que faire garder ses enfants par une assistante maternelle est mieux (d’autant que je n’en ai pas l’expérience) mais j’ai trouvé des inconvénients à la crèche auxquels je n’avais pas pensé en amont.

  • Nanakie

    Retour intéressant !
    Nous avons vécu 1 ans et demi de garde conjointe crèche-Ass MAT, la crèche de notre quartier étant rigide sur les horaires et jours d’accueil (ce qui n’était pas pratique avec mes horaires décalés d’infirmière).
    J’y vois du positif et des limites chez les 2, et du coup j’étais vraiment satisfaite d’avoir de rythme où crèche et AssMat s’entrecroisent.

    Le côté sociabilisation était le top pour nous et notre fille qui n’est pas spécialement introvertie ; cependant je pense que pour un enfant plus “timide” la crèche peut être compliquée. Le multi-âge était super aussi, Ty’Pêche a pu s’épanouir au milieu de petits et grands.
    Il y avait un EJE que je ne supportais pas, car ouvertement dédaigneuse avec notre maternage (des réflexions sur les chaussures souples, sur le cododo, sur notre “peu d’autorité”, un étonnement non dissimulé sur l’allaitement long…) et nous avons sentit que notre fille ne la portait pas dans son coeur non plus. J’étais renfrognée dès que je la voyais… Mais elles étaient 2 à 5 éducatrices selon les horaires, donc Ty’Pêche trouvait toujours d’autres bras réconfortants.

    L’AssMat, ça fait plus peur car il ne s’agit que d’une personne sans relai pour prendre soin de notre prunelle (et 2 ou 3 autres…)… ça peut questionner. Il faut un feeling. La nôtre se limitait à 2 enfants du même âge, pour qu’ils aient le même rythme (et parce qu’elle était en fin de carrière). Elle était hyper zen et peu regardante sur les horaires et les changements de dernière minutes. Elle était aussi bien plus souple que la crèche, collectivité versus individualité oblige. Bref, nous étions ravie de notre collaboration !

    Si c’était à refaire ? Je crois qu’on ferai tout pareil !

    • Maman chamboule tout

      Ton retour d’expérience est très intéressant car vous avez connu les deux modes de garde.
      Comme vous, certaines auxiliaires de puériculture ne voyaient pas le maternage d’un bon oeil, sur les trois il y en avait toujours une qui tiquait. J’ai aussi énormément regretté l’absence de formation du personnel en matière d’allaitement et de conservation du lait maternel surtout, j’en était malade de voir des litres de lait durement tirer finir à la poubelle !
      Mais tu as raison, une assistante maternelle est seule face aux enfants dont elle s’occupe et les parents peuvent aussi « se tromper » dans leur choix. Je ne sais pas si il y a une solution parfaite, je voulais juste un peu « desidéaliser » la crèche même si je reconnais volontiers que ce mode de garde a des avantages.

  • Docteur Mamangue

    Nous avons eu une crèche pendant un peu plus d’un an pour Goyave au départ. Équipe jeune et plutôt adepte des pédagogies alternatives et du maternage. Juste un peu dur pour mon bébé de se reposer dans cet environnement ultra stimulant.
    Puis nous avons déménagé et été obligés de laisser notre place. Coup de chance, une super MAM a ouvert à ce moment là et c’est encore là que Litchi est gardé aujourd’hui. En accord avec nos valeurs et ouvertes sur tous les sujets. Seul hic, le budget consacré à la gare des enfants est vraiment élevé mais c’est un choix que nous avons accepté.

    • Maman chamboule tout

      Merci pour ton retour ! Il n’y a pas de MAM près de chez nous mais j’ai une cousine qui en a ouvert une en Normandie et je trouve le concept géniaL. Ça me semble à mi-chemin entre la crèche et l’assistante maternelle. Je croyais en revanche que le prix de garde dans une MAM correspondait à celui d’une assistante maternelle. Cela dit notre fils est gardé en micro-crèche privée et les tarifs sont aussi très élevés, même si je trouve que la CAF en prend une bonne partie à sa charge (et pourtant on fait parti de ceux qui n’ont jamais droit à grand chose !).

  • Charlotte - Enfance Joyeuse

    Coucou Amélie,
    Je trouve ça précieux que tu partages ici ton ressenti car en effet, on entend souvent parler du côté “idyllique” de la crèche alors que comme tu le précises, oui, parfois aussi, ça peut être difficile. Et ça dépend d’un tas de facteurs dont la crèche, sa politique, le nombre d’enfants, le tempérament de chaque enfant etc… Je lui souhaite que la rentrée à l’école lui plaise !
    A bientôt,
    Charlotte.

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