Allaitement

3 ans d’allaitement

C’est officiel, notre aventure lactée a dépassé les 36 mois et continue encore… 

Jamais je n’aurais pensé allaiter aussi longtemps, je voulais tenter 6 mois… je me souviens encore de cette femme, au cours de préparation à l’allaitement, qui racontait qu’elle avait tiré son lait au travail pour son premier et qu’elle comptait bien réitérer pour son deuxième. Je m’étais dit qu’elle était folle, pourquoi s’embêter comme ça, son projet me paraissait proche de l’esclavage maternel. Je m’étais dit jamais de tire-lait, je ne suis pas une vache.

Bref, j’ai tiré mon lait pendant pendant 18 mois. Dont 8 mois pour en faire don au lactarium et aider des bébés prématurés, et j’en suis drôlement fière !

Alors, comment en vient-on à allaiter si longtemps ?

La réponse est d’une simplicité enfantine : on n’arrête pas, tout simplement.

Notre allaitement a été d’une facilité déconcertante, jamais nous n’avons rencontré le moindre problème. Mon fils est né, la sage-femme l’a posé sur moi, 10 minutes après il tétait goulûment. Pas de mastite, pas de difficulté de prise de sein, pas d’engorgement, que du bonheur.

Notre lien s’est construit en parti sur cette relation si particulière et fusionnelle, comme une continuité de la grossesse. La place de cet allaitement me semblait si importante que je n’ai pas voulu l’interrompre. il m’a même (un peu) aidé à retourner travailler

Et puis le temps a passé, mon fils a grandi mais a toujours émis le besoin de téter et moi j’y ai répondu avec plaisir. 

Au fur et à mesure qu’il grandissait, et que je me documentais sur l’allaitement, les mythes se déconstruisaient, s’écroulant comme des châteaux de cartes. j’ai compris qu’il n’y avait aucune raison d’arrêter, que tant que nous y trouvions tous les deux notre compte ça n’était que du positif. 

J’ai eu toutes les remarques simplistes possibles, en général elles provenaient de personnes me connaissant peu, la plupart du temps elles étaient stupides et infondées (pas forcément méchantes). Mais jamais personne, dans notre entourage, n’a dit quoi que ce soit. 

Et comme toujours, j’ai fait ce dont j’avais envie.

 

Allaiter un grand bébé c’est bizarre, allaiter un bambin c’est malsain

J’ai baigné dans la culture de l’allaitement dès mon plus jeune âge. J’ai été allaité, mes 3 frères et ma sœur également. Ma sœur a tété jusqu’à 1 an. Avant d’avoir petit Lu je pensais qu’allaiter au delà d’un an c’était un peu étrange. Je ne peux donc pas vraiment jeter la pierre à ceux qui ne comprennent pas l’allaitement long. Je pense sincèrement qu’il faut l’avoir vécu d’assez près pour le comprendre. Dans notre société où l’enfant doit être autonome le plus vite possible, dormir seul et être séparer de sa mère à 2 mois et demi (développement économique oblige) il est logique que l’allaitement non écourté soit mal compris. On est formaté pour se détacher au plus vite de l’enfant. La psychanalyse moderne n’aide pas non plus, mais je pense que j’y reviendrais dans un prochain billet. 

Au fur et à mesure que mon fils grandissait notre allaitement s’adaptait, ça convenait à tout le monde et c’est toujours le cas. Je pense que sans l’appuie et l’approbation de l’homme ça n’aurait pas duré si longtemps.

On ne se réveille pas un jour en réalisant qu’on allaite un enfant de 3 ans. On voit son enfant grandir chaque jour, on constate les bénéfices de cette relation et surtout on s’aperçoit qu’en aucun cas ce n’est malsain. Car, la plupart du temps, c’est bien cela qui choque, cette idée qu’allaiter un bambin est malsain (#merci Freud). Dans notre société où le corps de la femme est hyper sexualisé et où le sein semble de pas pouvoir occuper plusieurs fonctions il est souvent difficile d’admettre, pour les non familiers à l’allaitement, que cet acte ne contient aucun vice, que c’est plutôt cette façon de penser qui est malsaine.

 

Et du coup, on arrête quand ?

Ben franchement, j’en sais rien ! J’ai l’impression que lorsque les enfants sont prêts pour une nouvelle acquisition ça peut aller très vite. Petit lu est devenu continent en un week-end, sans qu’on le pousse à quoi que ce soit, juste parce que c’était le bon moment pour lui. alors peut être qu’il en sera de même pour la tétée ?

Ce qui est certain c’est que pour l’instant il en a encore besoin. Quand ça ne va pas, qu’il est fatigué, qu’il a peur, il tète, comme un avion fait le plein de carburant à la base. Et puis il repart jouer comme si de rien n’était. 

En tout cas, que tout le monde soit rassuré : il parle particulièrement bien pour son âge, il est très intelligent, très sociable et un peu aventurier. Bref, il est normal !

***

Et par chez vous, plutôt allaitement non écourté ? Votre point de vu a-t-il évolué au fil de l’allaitement ?

Suivez maman chamboule tout !

19 commentaires

  • Docteur Mamangue

    Merci de nous raconter votre jolie aventure.
    Je crois que tu as dit l’essentiel d’un allaitement long, ça ne se décide pas (pour la majorité des mamans), ça se fait tout simplement.
    On n’allaite pas d’un seul coup un bambin mais jour après jour son bébé qui grandit.

  • Dinde de Toi

    3 ans, félicitations, quel beau parcours ! Quelle chance pour petit Lu d’avoir eu, et de toujours avoir, le meilleur lait pour lui. L’idée d’allaiter un bambin ne me choque pas du tout mais je serais peut être décontenancée si je le voyais. Déjà que beaucoup de mamans préfèrent s’isoler pour donner la tétée alors pour des bambins cela doit être hyper rare à voir.

    • Maman chamboule tout

      En effet je n’ai jamais vu d’enfant de plus d’un an allaité dans mon entourage… et pourtant, contrairement à certaine, j’ai déjà la chance d’avoir été témoin de quelques allaitements. Notre parcours a donné envie à une copine, maman d’un petit garçon d’un an toujours allaité, d’aller elle aussi jusqu’au sevrage naturel. Je crois que je me suis un peu donnée “une mission”: allaiter en public (je ne m’exhibe pas non plus hein) pour participer à la normalisation de l’allaitement.

    • Maman chamboule tout

      Mais oui on est carrément raccord ! Je crois que c’est le plus important, suivre ses envies et s’affranchir du regard (et des commentaires) des autres.

  • Marine

    Ca m’impressionne et j’en aurais été bien incapable ! Mais ce que je lis c’est que ça vous convient à tous et ça c’est le plus important pour que tout se passe bien. Je suis aussi de plus en plus persuadée que les enfants savent ce qui est bon pour eux si on les laisse faire et qu’effectivement, si on essaie de brusquer les choses on se fatigue plus qu’autre chose, et même on risque d’abîmer la relation… Bref, faisons-leur confiance !

    • Maman chamboule tout

      Je ne sais pas franchement si on peut parler de “capacité” à allaiter. Je crois que c’est avant tout une histoire d’accompagnement et d’entourage. Si l’allaitement démarre bien grâce aux soutiens dont on bénéficie, alors après ça coule tout seul et la maman et le bébé n’ont plus qu’à se laisser guider par leurs envies.

    • Maman chamboule tout

      Merci beaucoup ! Nous vivons malheureusement dans un pays ou les femmes souhaitant allaiter sont mal, voir pas du tout accompagnées… J’espère de tout coeur, en écrivant sur le sujet, contribuer, ne serait-ce qu’un tout petit peu, à faire changer les choses.

  • Lumi

    Deux ans et demi ici et allaitement toujours en cours malgré une seconde grossesse bien avancée (6 mois et demi).
    Je me retrouve beaucoup dans ton témoignage, notamment dans les a priori qui tombent au fur et à mesure de l’aventure : je voulais allaiter jusqu’à ma reprise sans tirer mon lait, finalement j’ai tiré jusqu’à ses un an. Je visais 6 mois… Puis un an… Puis j’ai arrêté de me mettre une limite au fond dépourvue de sens.

    • Maman chamboule tout

      Merci pour ton partage ! Je crois que c’est souvent une constante dans les histoires d’allaitement long, on pensait allaiter quelques mois puis, de fil en aiguille, on continue parce que c’est bon pour tout le monde, qu’on aime et qu’on ne voit pas de raison d’arrêter. Le co-allaitement me semble être une belle aventure, je vous souhaite à tous les trois encore de belles aventures lactées.

  • Lumi

    Oups, mon commentaire est parti tout seul !
    J’ajouterais juste qu’à l’heure actuelle je ne sais pas du tout où on va. Les tétées ont pu devenir désagréables par moments avec la grossesse mais jamais assez pour me donner envie de priver mon fils de ce dont il a manifestement encore besoin.
    Après, je ne nie pas que je trouverais plus confortable qu’il se sèvre bientôt de lui-même (sur le papier du moins, en vrai cela me rendrait sûrement très nostalgique !). Le co-allaitement, encore une aventure dans laquelle je n’avais pas prévu de me lancer… Mais on verra bien ce qu’il en est !

  • Nanakie

    Ca me fait du bien de lire ton article, aujourd’hui j’ai lu 3 choses (des partages, des vidéos ou des cris du coeur) qui fustigent l’allaitement non écourté à grand coup de “la mère a un problème” “c’est malsain” “A un moment faut arrêter” et ça m’a fait mal </3 … Force sur toi et quel beau geste, totalement naturel et normal, contrairement à ce qu'en pense le monde !

    • Maman chamboule tout

      La société à un problème avec l’allaitement et l’hypersexualisation des seins, c’est certain. Mais ce qui me fait toujours plaisir c’est quand on me confie que, grâce à mes écrits et mes partages, j’ai aidé certaines personnes à changer de regard et d’avis sur l’allaitement. Ça sera long mais le regard porté sur ce geste si naturel évoluera, j’y crois !

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