Allaitement

Terrible two et allaitement

La semaine dernière, je faisais des tours de tatamis en discutant avec ma grande amie B., quand j’ai pris conscience d’une information capitale : l’allaitement peut avoir un impact sur le fameux « terrible two »

Petite mise au point, tout d’abord ! Non, pas sur la définition de ce qu’est un tatami ni sur mes activités du lundi soir (soirée lors de laquelle j’abandonne les miens sans honte aucune !). 

Pas trop d’actualité celle-ci, mais un air d’été fait du bien !

Ladite mise au point porte sur le terrible two. La plupart de mes lectrices (et peut-être même lecteurs ?) savent pertinemment ce dont il s’agit pour la bonne raison qu’elles nagent, ont nagé, nageront (rayez, ou non, la mention inutile) en plein dedans. Pour les petits nouveaux de la parentalité, où les flâneurs, voici un bref rappel.

Terrible two : période qui survient généralement entre 18 mois et 2 ans et demi, durant laquelle l’enfant prend pleinement conscience de son indépendance en tant que personne. Pour ce faire, il cherche à s’affirmer, affirmation qui passera donc souvent par le non et le rejet de toute forme d’autorité. Pas de panique, prenez votre mal en patience, ça passe, il parait. 

Si vous souhaitez creuser un peu le sujet, j’aime beaucoup cet article de Charlotte du blog Enfance Joyeuse. Elle nous en dit plus sur cette période un peu difficile tout en cassant les idées reçues

Revenons donc à nos moutons, ou plutôt à nos tours de tatamis. Mon amie me confiait que sa fille était difficilement supportable, qu’elle pleurait beaucoup et allait quasi systématiquement au conflit. Les issues lui paraissaient franchement inexistantes et sa patience fondait comme un Mister Freeze au soleil. 

Elle me demande si je vis la même situation qu’elle et comment je la gère. Je réfléchis, mon fils m’agace parfois, chouine quand il n’a pas ce qu’il veut ou s’énerve quand il ne réussit pas quelque chose, mais globalement, on échappe à ce que l’on pourrait qualifier de « crise ». Point de roulage par terre et de hurlement plusieurs fois par jour (sauf les très, très mauvais jours).

J’en viens donc, toujours en faisant des tours de tatamis, il faut bien justifier ma désertion de foyer, à me demander pourquoi. 

Et la réponse est toute bête : l’allaitement (ça faisait longtemps que je ne vous avez pas fait un petit billet sur mon thème favoris).

Quand petit Lu n’est pas à la maison, il est forcément plus calme et moins enclin à s’exprimer. Oui, ça peut parfois nous paraître injuste mais c’est ainsi, nos enfants osent bien plus se laisser aller avec nous. Non pas parce qu’on ne sait pas les tenir ou qu’on leur passe tout, mais simplement parce que, comme l’explique si bien Bowlby grâce à sa théorie de l’attachement, nos enfants se sentent assez en sécurité et en confiance avec nous pour exprimer leurs tempêtes émotionnelles.

Bien entendu, il arrive que mon fils crie, hurle, se roule par terre mais, très rapidement, il me demande la source de réconfort ultime : la toutouille. Il est capable de me dire qu’il se sent en colère, fatigué ou triste et qu’il a besoin d’une toutouille pour se calmer

Ce que je trouve génial, c’est que ce n’est pas juste un sein dans le bec et tais-toi. C’est lui qui identifie son ressenti et cherche à se calmer grâce au réconfort que lui procure la tétée. Une fois sa toutouille finie, il me dit que ça va mieux et il repart jouer complètement détendu. Mon fils de 2 ans et demi a analysé ce qui lui fait du bien, ce qui remplit son réservoir d’amour et lui permet de retrouver un état serein.Je trouve cela vraiment génial, d’une part parce que ça évite les crises, mais surtout parce qu’il sait exprimer son émotion et l’apaiser. Bien entendu, il pourrait simplement demander un câlin ou son doudou mais je pense que l’effet ne serait pas le même. Tout d’abord il n’aurait pas le droit au shoot d’hormones qui apaisent et moi non plus. Je suis totalement consciente qu’en cas de situation tendues les hormones m’aident à retrouver mon calme et comme les neurones miroirs sont très puissantes déjà chez les enfants, petit Lu ressent mon calme et ça l’aide aussi à finir de retrouver le sien. Ensuite, je pense qu’un enfant de deux ans et trop petit pour se calmer seulement avec un doudou, il a besoin d’une situation particulièrement rassurante et familière, la tétée est la plus puissante que je connaisse.

 

Et chez vous, comment se passe (ou s’est passé) le terrible two ? Quelles sont vos astuces pour en venir à bout ? Avez-vous déjà expérimenté la tétée qui clame ? Racontez-moi tout !

 

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18 commentaires

  • Nanakie

    Ah! Bonne réflexion !

    Pour l’instant, je ne trouve pas que Ty’Pêche « nous fasse » un « Terrible 2 » carabiné. Petit à petit, elle s’est affirmée dans ses choix et son désir d’autonomie. On a vu les NON se multiplier, certes. Mais ça nous a surtout permit de sortir de notre zone de confort et d’être inventif. Et de travailler notre patience Hahah !
    Du coup, je ne saurai mesurer l’effet de l’allaitement sur ses frustrations ou ses débordements d’émotion. J’imagine que ça doit jouer. C’est même ptet, justement, pour cela que ça ne nous semble pas être une période horrible.

    La tétée a clairement un aspect cocooning en tout cas ♥.

    • Maman chamboule tout

      Ah, le travail de la patiente… un exercice au quotidien 😂
      Chaque enfant est différent et j’ai l’impression que certain vont nous faire des terrible 2 carabinés alors que chez d’autres ça passe tout seul. Mais malgré tout je sens bien que mon fils part plus vite dans les tours et s’énerve mais la tétée a l’avantage de stopper net le problème. Je ne sais pas ce que ça donnerait sinon ?

  • 3 kleine grenouilles

    En fait, mon aîné a fait un terrible two assez fort et long mais la cadette a gardé depuis sa naissance (elle a 5 ans et demi) un caractère très posé et serein et n’a jamais fait de colère. Elle peut bien sûr s’énerver et être de mauvaise humeur mais en général, elle va d’elle-même rechercher un endroit calme où s’isoler ou vouloir faire un câlin. Pour la petite, je m’attendais à ce qu’elle fasse des colères, notamment parce qu’elle ne peut pas parler. Mais elle n’en a jamais fait non plus (elle a 3 ans). Je n’ai pas de recette magique, je ne sais pas pourquoi mes filles n’ont pas fait de terrible two ni de fucking four (pour la cadette).
    Bon courage à celles qui ont un enfant en plein dedans ! 😉

    • Maman chamboule tout

      Je pense en effet que le caractère de l’enfant joue beaucoup ! Ta petite a vraiment une sacrée volonté pour rester calme malgré ses différences, je suis certaine que ça l’aidera à surpasser pas mal de difficultés.
      Pour le fucking four je pense que petit Lu ne tétera plus alors on verra si il a vraiment bon caractère ou si l’allaitement nous a sauvé du terrible two !

  • Charlotte - Enfance Joyeuse

    C’est tellement beau à lire ! Et en plus, toi aussi tu « casses les codes » en démontrant tous les intérêts de l’allaitement pour les « grands » !
    Le sein remplit tellement de fonctions… Vous êtes juste des magiciennes <3
    Merci beaucoup d'avoir cité mon article !
    A très bientôt Amélie,
    Charlotte.

    • Maman chamboule tout

      Merci Charlotte, tes compliments me vont droit au cœur !
      Je crois même qu’en grandissant ce sont justement les autres fonctions du sein qui deviennent primordial pour l’enfant qui mange comme nous et n’a donc plus les mêmes besoins alimentaires vis à vis du sein,

  • Dinette & Paillettes (Maman Pétille)

    Et bien de notre côté (ouuuch je sens que je ne vais pas me faire des amis !!) nous avons échappé au terrible two avec Cracotte… Bon ensuite, l’histoire ne dira pas que nous avons bien morflé avec le « fucking four » (un retour de manivelle ou quelque chose comme ça). Notre unique solution pour la calmer : les câlins !

    • Maman chamboule tout

      Je ne sais pas si c’est un retour de manivelle mais vous vous en sortez finalement bien quand même, il y aurait pu y avoir les deux 😉

  • Docteur Mamangue

    Pour Goyave, on a pas non plus l’impression d’avoir vécu le terrible two raconté par nos amis. Elle a été allaitée seulement jusqu’à un an donc ce n’est pas grâce à ça ici. Et elle accueillait à 19 mois un petit Kiwi dans sa vie, ce qui aurait pu compliquer les choses. Je mets plutôt ça sur le compte de son caractère. Et aussi de notre façon de gérer les situations qui auraient pu devenir crises, plutôt dans la diversion par exemple. Les câlins, sont extrêmement utiles chez nous pour désamorcer depuis ses 2 ans et demi je dirai.
    Pour Kiwi, 22 mois, on est en plein dans l’âge. Pour l’instant, à part qu’il dit non à tout, tout le temps (mais le plus souvent avec le sourire), pas de crises à déplorer non plus. On attend de voir les mois à venir avant de s’auto proclamer super parents! 😉

    • Maman chamboule tout

      La diversion est une arme géniale contre les crises, je suis bien d’accord ! Quand ça s’envenime, tac, on trouve quelque chose pour leur changer les idées ! D’une certaine façon la tétée est une forme de diversion je pense !

  • Ariel

    Ici point de terrible two non plus… Une phase d’opposition évidemment, mais très très peu de grosses colères / crises difficiles à gérer. Pas d’allaitement long puisque j’ai sevré mon fils à 4 mois et demi. Par contre, on parle beaucoup à la maison, et on a pris très tôt l’habitude de verbaliser les émotions, que ça soit les nôtres ou les siennes. Du coup il arrive fréquemment qu’il exprime son besoin de se calmer : il demande à aller dans sa chambre avec un livre et des peluches et revient nous voir quand il se sent plus calme. Ou alors il réclame un câlin. Bon, tout n’est pas rose évidemment il y a des fois où c’est plus difficile à gérer mais je trouve qu’on s’en sort bien. Mais je ne crie pas victoire trop vite, numéro 2 arrivera dans quelques mois, il va y avoir 3 ans et demi d’écart entre eux, et je ne sais pas comment le grand va gérer ça…

    • Maman chamboule tout

      Prendre l’habitude de verbaliser les émotions le plus tôt possible, je trouve ça génial. Au début je ne verbalisais que celles de mon fils mais j’ai vite compris que ça devait fonctionner dans les deux sens !
      L’arrivée de numéro 2 peut vous réserver de belles surprises, à 3 ans et demi les enfants comprennent énormément de choses.

  • Workingmutti

    Pour survivre au terrible two, on a fait beaucoup beaucoup de compromis. Avec des jumeaux c’était une question de survie 😉 . Mon astuce c’était d’abord de les séparer pour qu’ils ne se tapent/bousculent/hurlent dessus et que ça devienne bien pire. Maintenant avec Samuel, on se passe le relai avec papa quand on sent que l’énervement monte trop.

    Il y a bien sur le câlin, mais surtout la distraction. Pour Samuel on lui propose un de ses livres préférés qu’il peut lire confortable assis sur son doudou (un coussin). Et parfois, si ça ne suffit pas, on utilise le coussin de la colère (différent du doudou bien sur). Dans la rue malheureusement, parfois je n’ai pas d’autre choix que de le prendre dans les bras et de m’éloigner pour éviter les regards bien lourds.

    • Maman chamboule tout

      Je n’ose même pas imaginer un terrible two carabiné de jumeaux, vous êtes des héros d’avoir survécu !
      Le coussin de la colère je connais un peu mais pour l’instant on a pas vraiment besoin mais je trouve le concept intéressant…
      Laisse les gens penser ce qu’ils veulent, de toute façon quelque soit notre façon de faire avec nos enfants il y aura toujours des regards bien lourds.

  • Pachamaman

    Ça fait plaisir de lire des choses positives sur ce terrible two 😊 pour nous l’allaitement s’est finit malheureusement… j’aurais aimé que ça continue mais quand j’essayais de lui redonner le sein j’avais le droit à des morsures donc j’ai préféré arrêté. Disons que j’ai assez souffert de l’allaitement et ça me fait du bien que ça soit fini d’un côté, pour mon deuxième s’il y en a un un jour je sais que le biberon ça serait niet 🙅🏻‍♀️ 😆 pour continuer le plus longtemps possible 😊
    Bon week-end maman chamboule tout 😙 !
    Pachamaman

    • Maman chamboule tout

      Parfois on ne peut pas tout faire comme on le souhaiterait. Tu as quand même bravé beaucoup de difficultés avec cet allaitement et tu peux en être fière !

  • Marine

    Je t’admire d’allaiter ton fils de deux ans ! Ca a vraiment l’air de vous convenir à tous les deux. La crise de 2 ans, je connais aussi. Chez nous ce sont les doudous qui marchent, ou le calin. Mais je crois que ce dont l’enfant a besoin dans ces moments-là c’est qu’on reconnaisse son émotion. Ce n’est pas évident pour le parent d’en prendre conscience et de ne pas être exaspéré quand le petit se roule par terre…

    • Maman chamboule tout

      Franchement je ne sais pas si c’est admirable, je n’ai pas eu l’impression d’avoir des efforts à faire, je pense que c’est plutôt cesser de l’allaiter qui m’aurait coûté.
      Reconnaître l’émotion et le montrer à l’enfant me paraît aussi primordial, même si, comme tu le dis, ce n’est pas simple en pleine crise !

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