Allaitement

« T’as qu’à lui donner un biberon ! » ou comment décourager une maman allaitante

Ah, la douce mélopée du fameux “t’as qu’à lui donner un biberon” dès que la jeune maman rencontre un problème avec son allaitement, parfois même dès qu’elle souhaite allaiter !

J’avais déjà quelques notes à ce sujet en stock mais ce billet de Working Mutti et nos échanges dans le cadre de sa relactation m’ont poussé à mettre mes griffonnages en forme. Pour ceux et celles qui ne suivent pas les aventures de cette famille particulièrement attachante, je vous fais un (très) bref résumé ! Working Mutti est en pleine relactation car sa fille est sévèrement allergique aux produits laitiers de vaches. Elle nous conte cette aventure ici et , allez la lire si ce n’est pas déjà fait !

Mais alors, où est ce que je veux en venir avec mon histoire de biberon et mes liens vers l’aventure lactée de cette blogueuse ?

Au delà de mon envie de la faire découvrir à ceux qui ne la connaissent pas encore, j’ai surtout envie de parler de la façon dont la plupart des gens ne soutiennent pas, mais absolument pas, les mamans allaitantes.

Avez-vous remarqué que dès qu’une femme souhaite allaiter, mais rencontre des difficultés, la plupart des réponses autour d’elles sont toujours à peu près les mêmes. 

“Tu n’as qu’à lui donner un biberon, ça te facilitera la vie !” 

“Mais pourquoi tu t’entêtes, si ça ne marche pas donne lui un biberon !”

“Ça sert à rien de souffrir comme ça inutilement, le lait en poudre c’est très bien aussi !”

Je pourrais tartiner trois pages d’exemples de ce genre mais je pense que le décor est posé. 

 

Donc la jeune maman est là, avec son envie d’allaiter, elle se sent seule et perdue, aucun médecin ne lui donne les mêmes conseils, personne de compétent en matière d’allaitement à cent bornes à la ronde. Parce que oui, je me répète, mais en France les médecins ne sont pas formés allaitement, il ne s’y connaissent généralement pas plus que tatie Relou et ils ont les mêmes à priori qu’elle ! Sauf que, étant titulaires d’un diplôme de médecine on a souvent tendance à les écouter sans remettre leurs paroles en doute et ça peut vite être désastreux pour les allaitements (je vous remet le lien de l’excellent billet de Docteur Mamangue à ce sujet et l’histoire de mon amie B, c’est cadeau !).

Donc, cette pauvre maman qui galère n’entend autour d’elle que des sollicitations à donner le biberon. A-t-elle demandé une solution bis ? Non, elle aimerait seulement être accompagnée et soutenue dans ses choix.

L’allaitement c’est, certes naturel, mais ce n’est pas pour ça que ça se fait tout seul ( accoucher c’est naturel aussi, je dis ça je dis rien). 

Dans un pays où la culture de l’allaitement est peu présente et où celle du biberon est partout, il apparaît comme la solution naturelle en cas de difficulté d’allaitement. Sauf que ce n’est pas ce dont a besoin la maman qui tente d’allaiter. L’allaitement ça vous prend aux tripes, dans beaucoup de cas c’est un désir profond, un idéal que la maman souhaite atteindre pour son bébé et aussi pour elle. Alors, si vous ressentez l’envie profonde, chez la jeune maman assise près de vous, de nourrir son bébé au sein, par pitié, soutenez-la !

Ce dont elle a besoin c’est de sentir que son entourage, et particulièrement le papa, croit en elle, en sa capacité de nourrir son enfant et en celle qu’a ce bébé de téter. Elle a besoin de prendre confiance en elle, qu’on lui prenne la main et qu’on lui dise qu’elle va y arriver. Elle a besoin que les gens qui l’aiment se renseignent un minimum sur l’allaitement pour l’accompagner au mieux. Peu importe que ayez préféré donner le biberon, il ne s’agit pas de vous mais d’elle. Le moral joue énormément, une personne qui se sent soutenue réussira mieux, quelques soit le domaine. On attire ce que l’on pense (la loi d’attraction ça vous parle ?) et si on est positif les choses se passent toujours mieux… 

Alors, bordel de m***, au lieu de dire aux femmes qui galèrent avec leur allaitement qu’elles n’ont qu’à donner le biberon écoutez-les, soutenez-les, montrez leur que vous êtes là pour elle et que vous croyez en elle, je suis persuadée que cela peut sauver ses allaitements !

Alors on range les histoires de biberons, c’est pas ce qu’à demandé la petite dame avec son bébé au nichon, et on sort toute la panoplie des encouragements possibles et imaginables, ça n’a jamais écorché la bouche de personne. Et bien entendu, on ne dit pas “si j’étais toi je ferais…” sauf si on ajoute derrière “comme je le sens”. 

 

Et vous, une expérience similaire a nous compter en commentaire ?

Suivez maman chamboule tout !

10 commentaires

  • Charlotte - Enfance Joyeuse

    Mais tellement ! Quel bel article !
    « Moi à ta place je ferais… COMME JE LE SENS » : c’est celle là de phrase qu’on devrait dire le plus souvent possible en rajoutant, juste après, des encouragements bienveillants ! Si seulement on pouvait faire changer notre culture à propos de l’allaitement !
    J’espère que ton article résonnera dans le coeur de mamans qui ont du mal avec leur allaitement <3
    Et j'envoies aussi toutes mes pensées à Working Mutti !

  • Workingmutti

    Déjà, je ne peux que rougir pivoine devant tant de gentillesse :).

    Clairement, il n’y a aucune culture de l’allaitement en France, et je ne l’avais jamais remarqué car j’ai donné le biberon à mes fils. Pour moi c’était logique, c’était comme ça quand on a un bébé. Parfois on essaie de ‘allaiter, mais ça ne dure au mieux que quelques semaines car de toute façon ca va faire trop mal/bébé va avoir des soucis.

    J’essaie d’expliquer à mes fils de 3 ans et demi qu’une maman a aussi du lait pour nourrir un bébé. Jusqu’à présent, ils ont du mal à me croire. Et encore, mon lait tombe dans un biberon. Le fait de donner le sein est pour eux une blague de maman qui aurait abusé de la tourtel twist.

    J’ajouterais aussi que lorsqu’on souhaite soutenir une maman et qu’on y connaît rien, il est toujours sympa de l’orienter vers des personnes compétentes la dedans, genre une conseillère en lactation (tout le monde ne sait pas que ça existe et ne sait pas forcément comment trouver leur noms).

  • Allegretto

    Je suis bien d’accord avec toi. Je ne me suis pas vraiment sentie soutenue lors de mes trois allaitements, qui n’ont d’ailleurs pas duré bien longtemps… Mais je crois que si (déjà) le papa m’avait encouragée, ça se serait mieux passé. Ce n’est pas dans la culture de voir une maman donner le sein en public. Mais ça devrait changer !

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