mains bébé papa
P'tits bouts de vie

Quand mon amour pour toi me prend aux tripes

Il est 20h, tu as encore le droit de jouer un petit peu avant d’aller te laver les dents, on est vendredi et demain matin on pourra se reposer. 

Tu joues avec ton papa, vous construisez un éléphant en pièces à assembler quand, soudain, tu décides de lire un « lib ». Alors tu me demandes, de ta petite voix douce « tu fais une place à moi sur le canapé maman » et la, avec toute la violence qui peut parfois être caractéristique de l’amour, je ressens comme je t’aime. La force de mes sentiments pour toi me prends aux tripes, petit bonhomme de même pas 3 ans, qui me demande une place près de moi. 

Je te réponds que bien entendu je vais me pousser. Alors, tout content, tu vas chercher tes peluches pour qu’elles aussi profitent de l’histoire du soir. Tu alignes petit panda, gros panda, nounours et baleine, avec concentration et méthode pour que tout le monde puissent voir le livre, puis tu te glisses contre moi pour être aux premières loges.

Tu as amené trois livres d’un coup, tu sais que si tu réussis à les porter jusqu’au canapé on ne pourra pas te refuser une, ou deux, histoires de plus.

Alors je commence à raconter, en m’appliquant à mettre le ton, pour qu’on vive l’histoire ensemble.

Tu es toujours blottis contre moi, ta petite main posée sur mon bras. Tu bois l’histoire, imagines tout ce que les illustrations peuvent raconter. Ton esprit va même bien au delà des images, dans la montagne, derrière le mammouth, là où son copain le second mammouth s’est réfugié pour que les hommes ne le piègent pas. En vérité on la distingue à peine, cette montagne, dans un tout petit coin de l’image, mais qu’importe, tu l’invente pour offrir à l’animal en détresse le refuge dont il a tant besoin.

Tu es encore si petit, et pourtant si grand. Tu parles, tes raisonnements sont construits et censés, l’empathie semble faire partie intégrante de toi, toi qui refuse que les hommes puissent piéger le mammouth du livre. 

Il est plus tard que prévu et je sais que tu es fatigué mais je ne réussis pas à m’arrêter de lire, nourrir ton esprit me semble tout compte fait bien plus important que de se coucher. Alors je profite de ton petit corps tout chaud contre le mien, de ton regard émerveillé par les images, des tes questions et de tes exclamations. je savoure la puissance de l’amour et la gratitude s’empare de moi, je ne pensais pas pouvoir aimer comme ça. La, ici, maintenant, sur ce canapé, dans ma vie si ordinaire, je réalise que je ne voudrais être nulle part ailleurs.

 

Suivez maman chamboule tout !

16 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *