éducation bienveillanteJe ne pensais pas que j’écrirai un jour sur ce sujet et pourtant me voici devant mon clavier, bien décidée à tenter de casser certains à priori à la peau dure ! J’ai lu bon nombres d’articles sur ce thème depuis deux ans environ que j’écume les blogs traitant d’éducation. Mais finalement, je constate tristement, à travers pas mal d’articles, que cette association laxisme/bienveillance est toujours bien ancrée dans pas mal d’esprits.

Ces derniers temps, j’ai lu des choses qui m’ont passablement énervée. Et pourtant, il y a seulement quelques années, moi aussi j’avais fait ces raccourcis bêtes sans chercher à comprendre ce qui se cachait derrière cette fameuse éducation bienveillante. Alors, comme je suis, justement, devenue bienveillante (ou du moins je m’y emploie…), j’ai envie d’aider les lecteurs égarés qui atterriraient sur ce blog à devenir un peu moins bête que ce que j’ai été.

 

L’éducation bienveillante est un terme derrière lequel se cache les parents de gosses impossibles…

Je ne sais plus exactement si cette phrase, lu dans un article, était formulée de la sorte, mais c’était l’idée générale. Les enfants dont les parents tentent d’adopter une attitude bienveillante seraient donc, souvent, des enfants qui vivent sans règle aucune, n’en font qu’à leur tête et décident eux même de ce qui est bon pour eux, ou pas d’ailleurs. Nul part, dans aucun article ou livre traitant du sujet je n’ai lu que les enfants ne devaient pas se conformer aux règles, bien au contraire. Il est normal qu’il existe des règles dans une maison, une crèche, une école et plus largement une société sinon c’est le chaos et l’anarchie. Jamais, il me semble, je n’ai entendu de parents ou de professionnels de l’enfance dire qu’il est bon d’aller à l’encontre de la notion de règle à respecter. En revanche, l’éducation bienveillante s’interroge sur la façon de faire respecter ses règles. Il y a ce qui menacent, crient, affirment détenir la vérité sous prétextes qu’ils sont adultes et il y a ceux qui préfèrent expliquer sans crier ni menacer. Et souvent, lorsque l’on prend le temps d’écouter son enfant, on s’aperçoit que respecter les règles ne lui pose pas de problème mais qu’il faut simplement l’aider à les assimiler.

Par exemple, à la maison il est interdit de monter sur les tables basses, cela pourrait être dangereux et les abîmer. Ce qui n’empêche pas, bien sûr, bébé Lu de tenter le coup, on ne sait jamais, sur un malentendu… nous lui demandons d’abord de descendre, une, deux, trois fois… il faut reconnaître qu’il lui arrive de s’exécuter, mais c’est assez rare ! Alors on l’aide à descendre, on lui explique, pour la centième fois, que c’est dangereux, et en général on essaie de l’orienter vers une autre activités. Si j’ai le temps je lui propose de l’accompagner pour monter les escaliers qui mènent aux chambres, espérant ainsi assouvir son envie de grimper. Dans l’ensemble ça fonctionne, 9 fois sur 10 nous évitons les crises. Il y a aussi la fameuse 10ème fois, celle où il se met à hurler ! Je le prends alors dans mes bras, le câline en lui disant que je comprends sa frustration mais qu’on ne peut pas toujours faire ce dont on a envie au risque de se blesser. Nous ne cédons pas, ne le laissons pas se mettre en danger sous prétexte qu’il doit faire ce qu’il veut comme j’ai pu le lire.

Par contre, si il essaie de faire quelque chose d’un peu risqué mais sans plus, nous lui expliquons d’abord qu’il peut se faire mal mais en le laissant essayer. L’expérience n’éclaire que son porteur ! Ce dictons se vérifie tellement souvent, sur les enfants mais également les adultes. Une fois qu’on s’est cassé le nez on accepte plus facilement l’idée que nous nous sommes trompés.

 

La bienveillance est faite pour faire culpabiliser les parents épuisés qui craquent de temps en temps alors que le parent bienveillant est un être parfait qui ne s’énerve jamais.

Quelle belle affirmation qui sent bon la jalousie ! Je ne connais pas de parents tentant d’être bienveillant qui ne craquent jamais ! Comme les autres nous sommes bien loin d’être parfaits, comme les autres ils nous arrivent d’être de mauvaise humeur parce qu’on a eu une mauvaise journée, nuit (rayer la mention inutile, ou pas…). Dans ces moments là je suis moins patiente, mais au lieu de m’acharner sur mon fils (même si il est en général à l’origine de la mauvaise nuit !), je lui explique que je suis épuisée, que je n’en peux plus et que je ne peux pas forcément jouer avec lui. Si il fait une crise un jour ou je me sens au bout du rouleau je ne le gère pas forcément comme je devrais mais je ne perds pas de vu qu’il mérite mon respect. En général il suffit que je lui fasse faire une tétée pour arrêter la crise et avoir 5 minutes de répit. Dans ces cas là, je bénie encore plus l’allaitement. Alors oui, c’est normal d’avoir des jours sans, mais contrairement à d’autre parents, j’ai l’impression que ceux qui cherchent à pratiquer la bienveillance éducative ont moins de mal à expliquer à leurs enfants qu’ils ne sont pas en forme, fatigués, en colère. J’ai l’impression qu’ils acceptent souvent mieux de montrer leurs sentiments à leurs enfants, d’admettre qu’ils ne sont pas parfaits. Je pense que cette attitude, qui responsabilise l’enfant, peut l’aider à être plus empathique envers son parent et peut-être même, selon l’âge, l’aider à prendre sur lui pour le soulager.

 

Avec toutes ces histoires de bienveillance si un parent fatigué colle une fessée à son môme ça va être la fin du monde !

Ça je ne l’ai pas lu mais entendu il n’y a pas si longtemps. Donc, si on suit ce raisonnement, oh combien rechercher, on devrait pouvoir, de temps en temps quand on en peut plus et que l’enfant est insupportable, lui coller une petite fessée. Après tout, ça n’a jamais tué personne (grand leitmotiv des pro-fessées). Donc la violence, qui est tout de même punie par la loi, serait excusable si elle est utilisée contre un enfant. Franchement ça me hérisse tant de bêtise ! Si on lit dans la presse qu’un petit papy en maison de retraite s’est pris une claque parce qu’il était infernal (si, si les vieux aussi sont souvent chiants !) les gens seront outrés. Si votre voisin vous en colle une car vous avez éraflé sa voiture en vous garant, beaucoup considérerons cela intolérable, pourtant il devrait avoir droit puisqu’il a eu une mauvaise journée et qu’il est en colère. En revanche ces mêmes personnes crient à qui veut l’entendre que le pays plonge un peu plus dans l’insécurité chaque jour mais ne voient pas forcément pourquoi donner une fessée n’est plus autorisé ! Scandaleux de défaire les parents de ce droit de corriger leurs rejetons !

Alors oui, aucun parent n’est parfait et chacun éduque son enfant comme bon lui semble tant qu’il respecte certaines règles. Mais franchement, si on replonge dans nos souvenirs d’enfant et qu’on se rappelle certaines humiliations, claques, et j’en passe, le sentiment assimilé à ces moments et bien âpre, on ressent presque encore la colère de ne pas avoir été écouté par l’adulte, non ? Alors je ne dis pas que mon fils n’aura aucun souvenir comme celui-ci, cela me semble difficile ! En revanche j’espère qu’il en aura le moins possible et qu’ils ne seront que très peu liés à ses parents. Je pense même qu’un enfant écouté et considéré chez lui saura plus facilement accueillir et gérer la colère d’autres adultes.

Suivez maman chamboule tout !

11 thoughts on “Quand bienveillance et laxisme se confondent”

  1. Je pense que les éducations dites bienveillantes sont bourrés de bon sens. Certains parents qui soulèvent le drapeau de cette éducation renvoient une image de « parents parfaits moralisateurs » qui peu rebuter à première vue. .. Merci pour tes éclaircissements.
    EM.

    1. Merci EM ! Cela dit je reconnais que ces éclaircissement sont un peu teintés d’énervement et de sarcasme car ça commence à m’énerver un peu ce raccourci !

  2. C’est un super article ! Je suis entièrement d’accord avec toi. Laxisme & bienveillance s’entrechoquent dans la pensée sociétale ! Et c’est dommage… Personne n’est parfait. Et la bienveillance s’applique autant aux enfants qu’aux parents eux-mêmes. Il peut arriver de faire des « bêtises », des choses que l’on regrette. Et c’est aussi ça, appliquer une éducation bienveillante. C’est aussi savoir se pardonner à soi. Je trouve ça dommage que l’idée péjorative de la bienveillance soit encore si encrée… Le but de cette dernière est d’accompagner au mieux son enfant. Ni plus. Ni moins. Pourquoi tant de « colère » et de « jugement » vis à vis de ce mode d’éducation? Merci pour ce pavé dans la mare. Ton article, je vais le diffuser et plus que largement !!!

    1. Merci beaucoup Charlotte ! Je pense que cette façon de voir l’éducation bienveillante est due à la peur de se remettre en question mais je suis d’accord avec toi sur le fait que ce soit tellement dommage ! J’espère en tout cas que cet article permettra à quelques “visiteurs égarés” de changer de point de vu !

  3. J’avais aussi tenté d’affronter cet amalgame tenace entre bienveillance et laxisme, c’est hélas difficile de convaincre les réfractaires. Ce qui n’aide pas, c’est cette image de maman parfaite que tant essaient de faire circuler, très culpabilisante pour 99.9% des parents qui se savent imparfaits! Bref, pour ma part, je suis totalement d’accord avec ton article, évidemment. La bienveillance, c’est un mélange d’empathie, d’écoute et d’autonomisation, rien de plus, à mes yeux. Mais cela demande des efforts quotidiens, c’est un fait. Alors beaucoup préfèrent se cacher derrière des prétextes plutôt que de tenter.

    1. Tu as tout à fait raison et il est aussi grand temps, je pense, que chaque parent se rende compte que si il n’est pas parfait, ce n’est pas mieux ailleurs et que chacun fait de son mieux. Mais encore une fois, je trouve que l’éducation bienveillante, si elle n’est pas mal interprétée, peut être d’une aide précieuse puisqu’elle nous apprend à prendre les sentiments en comptent, ceux des enfants bien entendu mais aussi ceux des parents.

    1. Oh désolée ! Et merci tout de même 😉
      Mais tu sais ça ne t’empêche pas de le faire, plus il y aura d’articles dans ce style mieux ça sera ! Et puis tes articles sont toujours tellement drôles comparés aux miens !

  4. Je trouve ça dingue que tant de monde fasse encore la confusion entre bienveillance et laxisme … C’est comme confondre gentillesse et stupidité -_-‘ Merci pour ce billet de rappel, remettre les points sur les -i- fait beaucoup de bien de temps en temps !

    1. Merci pour ton commentaire ! En effet c’est aberrant mais c’est un amalgame encore tellement répandu malheureusement. J’espère que cet article aura aidé certains parents à voir la différence !

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