Je sais la photo n’est pas trop en lien avec le thème mais je n’avais que ça en stock ! En plus les tétés acrobatiques me font tellement rire…

Ça fait un certain temps que le thème de cet article a germé dans ma tête suite à un constat : je fais partie de plusieurs groupes Facebook de mamans allaitantes et j’ai remarqué qu’une question revient très, très souvent, dans les postes de femmes enceintes qui s’interrogent sur l’allaitement. “Que dois-je acheter pour allaiter ?” Hummm comment dire, une paire de seins pour commencer ! Ah non, ça tu as déjà, la nature t’a livré toute équipée ! Et bien rien alors !” C’est d’ailleurs souvent la réponse que beaucoup d’autres mamans donnent. Quand on a des kilomètres d’allaitement au compteur on sait bien qu’en fait rien n’est nécessaire pour allaiter.

Et pourtant, on sent que ce n’est pas forcément la réponse que ces futures mamans attendaient. Préparer l’arrivée d’un bébé c’est aussi (ou surtout, ça dépend du point de vu !) acheter tout l’équipement nécessaire pour l’accueillir dans les meilleures conditions possibles mais également dans l’esthétique qui plaît aux parents. Préparer la jolie chambre de bébé, lui acheter des tenues si petites mais tellement mignonnes (qu’il ne portera pas plus de 5 fois), … et j’en passe ! La liste de naissance atteint facilement une longueur démesurée. Il faut bien avouer que lorsque l’on se retrouve dans le temple de la consommation en matière de puériculture on a facilement envie de craquer, moi la première ! Et dans ce temple il y a le fameux rayon biberons ! Il est immense, en propose de toutes les marques, tous les coloris, toutes les formes, anti-colique, premier âge, deuxième âge, … le choix est colossal ! À côté, le tout petit bout de rayon dédié à l’allaitement fait grise mine avec ses coussinets d’allaitement et ses tubes de lanoline. D’ailleurs on s’y perd un peu, mais certains biberons sont si mignons. Et bien entendu il y a, juste à côté, le rayon tétines et stérilisateurs suivi, non loin, par le rayon lait en poudre qui propose tellement de choix pour répondre à tous les problèmes que votre bébé n’a pas encore que ça aiderait presque à déculpabiliser de ne pas allaiter !

Alors, à l’air ou consommer rime souvent avec exister, n’est-il pas important de prévoir de quoi nourrir bébé ? Du coup, la plupart des jeunes mamans ont envie d’acheter tout ce dont il aura potentiellement besoin (encore plus si c’est joli !). Et quoi de plus important que de se nourrir ?

Oui mais… si l’on souhaite allaiter rien d’autre que nos seins n’est nécessaire. Et ça, c’est déboussolant (note à moi-même, vérifier que ce mot existe) pour les futures mamans qui se demandent quoi mettre sur la liste de naissance.

Alors il est toujours possible de suggérer d’acheter des coussinets d’allaitement (somme toute très utile les premiers mois) ou de la lanoline, mais ces produits, peu glamours, ne donnent sûrement pas le même sentiment de satisfaction après leur achat que des beaux biberons high tech !

La conclusion qui s’est naturellement imposée à mon esprit est donc la suivante : le fait de ne pas pouvoir effectuer d’achat en prévision des repas de bébé ne favorise pas l’allaitement. Bien entendu, c’est certainement inconscient et ce n’est pas toujours le cas, néanmoins, je pense qu’une maman qui hésite un peu est facilement attirée par le “biberonnage” car avant la naissance du bébé il est plus concret et grâce à tous ses jolis achats elle peut plus facilement se projeter. Alors attention, je ne dis pas que c’est la seule raison qui pousse à choisir le biberon, plein de mamans font ce choix pour tout un tas d’autres raisons, mais tout de même, je pense que l’attrait du marketing entre en ligne de compte.

Et vous, avez-vous été tentées de succomber au joli biberon assorti à la turbulette de bébé ?     

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18 thoughts on “Quand allaitement et marketing se confrontent”

  1. Je rejoins tout a fait ta réflexion. Je fais partie d’une association d’information sur l’allaitement et je tenais ce matin un stand au salon Baby à Paris. Plusieurs personnes m’ont demandé avant de tourner les talons : « mais alors vous n’avez rien à vendre? » ben non, on fait de l’écoute gratuitement … société de consommation quand tu nous tient…

    1. C’est fou mais ce que tu racontes ne m’étonne même pas ! Parfois j’ai presque l’impression que le shopping est, pour certaines, le meilleur moment de la grossesse…

  2. On ne doit rien acheter pour l’allaitement (et vu le budget de l’arrivée de bébé, j’ai toujours vu ça comme un gros plus !) Mais si on y tient on *peut* acheter un très joli châle léger pour se couvrir quand on est en public. Un adorable prétexte pour se faire plaisir (et puis le châle, contrairement au stérilisateur, on pourra s’en servir bien après que Bébé ait quitté la maison !)

    1. Oui, c’est vrai que l’on peut acheter des petites choses sympa si on en a envie et l’idée du châle est très bonne. Mais tout de même, ce qui m’embête c’est le fait que de ne rien avoir besoin pour allaiter puisse jouer sur la motivation de certaines futures mamans…

    1. Au début moi non plus je n’y avais pas pensé mais c’est une question qui revient tellement souvent sur les groupes Facebook que ça m’a interpellé !

  3. Je n’y avait jamais pensé ! Très bonne réflexion !
    Personnellement, j’ai détesté devoir décrypter toutes les poussettes, les cosy, les bidules et les choses innombrables qui peuplent les rayons « puériculture », que l’idée de ne rien acheter pour l’allaitement m’allait parfaitement bien ! J’avais quand même mon paquet de coussinets à la mater 😉

    1. Je t’avoue que je pensais que j’aurais envie de dévaliser les boutiques de puériculture et en fait pas vraiment… comme toi ça m’a vite fatigué et j’ai presque tout acheté d’occasion !

  4. Je trouve qu’au contraire, il y a de quoi se faire plaisir au niveau achat pour l’allaitement, si vraiment on a envie de se projeter…
    Les vêtements prévus pour faciliter l’allaitement, des châles pour se couvrir quand il fait plus frais, les coussinets, les coupelles en argents si on a la « chance » d’avoir des crevasses….
    Et si vraiment on veut acheter un biberon, on peut s’offrir (achat ou location) un tire-lait, et bébé boit malgré tout le meilleur lait qu’il puisse avoir.

    En ce qui me concerne, j’ai essayé de me réjouir d’acheter des biberons car je savais que je ne pourrais pas allaiter. « L’arrivée du lait était coupé » si on peut dire… Mais on m’avait dit qu’il y avait une chance pour que ça fonctionne, faible, mais là.
    Puis il y a eu le diabète, et à la naissance, ma fille à dû être complémentée par du lait artificiel, ça et le fait que la montée de lait ne se faisait pas, alors il a fallut décidé de donner du lait artificiel.

    J’ai eu un gros baby blues. Le fait d’avoir dû accoucher par césarienne (pré-éclampsie qui se déclenche, col qui reste fermé alors que j’avais perdu les eaux, etc.) et de ne pas avoir pu allaiter normalement, j’avais l’impression qu’on me volait mon rôle de maman…
    Je n’avais pas pu être auprès de mon bébé à la naissance, j’étais en salle de réveille pendant que mon mari lui faisait les premiers soins, qu’il lui faisait le peau à peau. Je me consolais en me disant qu’il avait bien droit à ça alors que j’avais passé 9 mois avec ma fille dans mon ventre, en privilégiée… Mais c’était dur.
    Ensuite, le fait de donner le biberon, et tout ceux qui s’affolent « Oh, je peux lui donner ?!?! » et mon mari qui, sans trop savoir que ça me blessait, répondait « Bien sûr »… Jusqu’au jour où j’ai fondu en larme.
    on me volait mon rôle, on me volait mon bébé. J’étais la mère et je ne faisais rien de ce qu’une mère doit faire avec son bébé, pas même la nourrir au sein… Naturellement.

    J’avais même développé une colère énorme contre les femmes pro-allaitement, qui clament haut et fort que le lait artificiel est un poison pour l’enfant, que c’est contre nature, que c’est ne pas aimer son enfant que de ne pas lui donner le meilleur…
    Comment accepter ce genre de propos quand on n’a pas eu le choix ?
    Comment accepter de se sentir accusée quand on n’a pas eu le choix ?
    On me disait que le lait maternel est ce qu’il y a de mieux pour l’enfant, que grâce à ça, son immunité est bien meilleure que quand un enfant est nourrit au lait artificiel, alors je riais à chaque fois que l’enfant d’une maman pro-allaitement tombait malade alors que ma fille n’a jamais eu de fièvre depuis sa naissance, pas même après un vaccin, pas même en faisant ses dents. À peine un rhume en hiver, et encore.

    Aujourd’hui, je l’assume, parce que je n’ai pas eu le choix, j’ai donné le meilleur à ma fille.

    Pardon, je déballe un peu ma vie, alors que ce n’est pas trop le sujet, je me suis laissée emporter :p
    Et je suis bien consciente que cet article n’est pas pro-allaitement et ne juge pas les mamans qui donnent le biberon, je suis entièrement d’accord avec le fait que l’allaitement naturel est la meilleure chose qu’on puisse offrir à son enfant, en terme de complicité, d’amour, de tendresse, et d’alimentation saine, et que les mamans devraient avoir le droit d’allaiter publiquement sans avoir à se cacher si elles ne le souhaitent pas, et qu’elles devraient avoir la liberté d’allaiter aussi longtemps qu’elles et l’enfant le désirent.

    Mais je suis contre la culpabilisation que l’on fait subir aux mamans qui donnent le biberon, car elles ne l’ont pas toujours choisi…

    1. Je comprends tout à fait tes propos et je n’oublie jamais l’histoire de mon amie qui n’a pas pu allaiter, qui l’a très mal vécu et qui est en plus passée par des souffrances terribles (tu peux lire son histoire sur le
      Blog). Quand j’entends des mamans qui ne veulent pas allaiter j’avoue que ça m’énerve un peu mais je m’efforce de me rappeler qu’on à toutes des histoires et des vies différentes et que le jugement me paraît bien bas… je comprends ta peine de ne pas avoir pu donner ton lait à ta fille mais comme tu le dis si bien tu lui a donné le meilleur quand même, ton meilleur, tout ce que tu pouvais lui donner à ce moment là et avec tout ton amour et ça c’est le principal !

      1. Effectivement, on ne connait jamais vraiment les raisons qui poussent une femme à ne pas vouloir allaiter. Parfois, c’est ce qu’elle dit, mais elle cache en réalité un malaise, ou une douleurs, physique ou morale, etc. Je sais qu’une maman (que je ne connais pas personnellement, une amie m’en avait parlé) s’est retrouvé avec un lait qui ne convenait pas à l’enfant. C’est rare mais il arrive que l’enfant soit allergique au lait de sa mère. Et la mère ne l’assumait tellement pas qu’elle disait avoir décidé de ne pas allaiter. Ce qui est triste c’est de voir justement comme elle était critiquée pour ce « choix » qu’elle n’avait pas fait.
        Il y a aussi le cas de cette maman (elle je la connais) qui vivait avec une autre femme. C’est une décision qui a été prise à deux qu’elle n’allaite pas car la seconde maman souffrait quelque peu de ne pas avoir pu porter l’enfant, et elles ont donc décidé que toutes deux donnerait le biberon, et je pense que c’est également respectable.
        J’avais aussi lu un témoignage d’une maman qui se sentait terriblement mal à l’aise de voir son bébé lui téter le sein, qu’elle avait l’impression de faire quelque chose de malsain. Je ne sais pas d’où lui venait ce malêtre, il n’empêche que l’allaitement doit être un moment de partage et de plaisir. Si cela est mal vécu par la mère, autant dire que l’enfant n’en profite pas non plus.

        Donc je pense qu’il n’est jamais possible de critiquer ce genre de choses / choix, même si ça semble être une décision prise « froidement », on ne sait jamais tout.

  5. Ici on a fait tout à l’envers: j’envisageais d’allaiter donc nous avons boudé le rayon biberon! En revanche, j’avais déjà les coussinets d’allaitement (qui ont tous servi vu ma montée de lait qui a duré deux mois), le coussin d’allaitement (qui a été ultra utile même sans allaiter) et des hauts de grossesse et allaitement! Finalement, face à l’échec de l’allaitement, c’est dans l’urgence qu’on a acheté de banals Dodie en verre (je ne voulais pas de plastique) et le même lait qu’à la mater.

    1. C’est rare de ne pas prévoir de biberon de secours j’ai l’impression ! La plupart des futures mamans en achètent au cas où… je comprend qu’après ça est été un peu la course. Cela dit je suppose qu’on ne peut pas acheter de lait en poudre avant donc il faut forcément passer la pharmacie ! Moi je n’avais rien prévu mais c’est surtout parce que j’ai accouché avec un mois d’avance. Je crois que sinon je n’aurais pas résister à l’achat d’un biberon au cas où…

  6. Cette hypothèse a été soulevée par une équipe de chercheurs en sociologie en fait ;). Et quid de l’achat de super soutifs d’allaitement hein 😉 .
    Mais par contre je n’ai jamais vu de lait en poudre dans les magasins de puériculture. En même temps je commande presque tout sur le net donc je triche

    1. Ça alors, j’ai les mêmes idées que les chercheurs en sociologie ! En vérité j’ai écrit cet article comme ça, sans faire de recherches sur le sujet (bouhhh !!!). Je ne fréquente qu’un seul magasin de puériculture, un énorme Orchestra pas loin de chez moi, et ils ont du lait en poudre (parmi tant d’autres choses).
      Je n’oublis pas que certaines mamans ne peuvent pas allaiter pour des raisons de santé, des prises de médicaments, comme toi. C’était plus une réflexion d’ordre général concernât la place de la consommation et du marketing dans tous les aspects de nos vies.
      Ce n’est pas la première fois que tu me parles de tire-allaitement. Avant, dans ma petite tête, le tire-lait venait juste en complément de l’allaitement, je n’avais pas envisager le tire-allaitement seul mais ça m’inspire pour un prochain billet !

      1. Les grands esprits se rencontrent ;). Et maintenant que je la cherche cette étude je ne la retrouve plus !

        J’ai fréquenté très souvent un petit Orchestra (la carte 50% pour les bodies à acheter X2 m’a permis d’acheter moins cher que l’occasion au body !), mais je n’ai jamais vu d’articles de puériculture dans le mien. Punaise on vit vraiment à la cambrousse XD !

        Non mais pour le tire-allaitement c’est devenu une obsession pour moi je crois lol. C’est LE truc que je ne pourrais jamais faire et qui m’aurait vraiment tenté.

        Bon en même temps les mamans qui prennent des médicaments qui contre indiquent l’allaitement c’est quoi, 1 ou 2% des jeunes mamans. On est vraiment une toute petite minorité.

        1. Si tu remets la main sur cette étude je suis preneuse !
          Mais tu sais que je n’avais jamais envisager le tire-allaitement seul et grâce à ta suggestion je prépare un petit billet là dessus. Malheureusement on aura toujours des frustrations par rapport à ce qu’on aurait voulu faire pour nos enfants. Je me sentirais toujours coupable de l’avoir mis à la crèche avant ses 1 an mais on a pas toujours le choix…
          Bien entendu vous êtes une minorité à prendre des médicaments mais il y a plein de mamans qui ne peuvent pas allaiter, principalement car elles sont mal accompagnées !

  7. Oups commentaire envoyé trop vite. Pour ma part, j’aurais certainement tenté le tire allaitement, mais vu mes médicaments … Donc j’aurais foncé au rayon biberon avec des jolis coussins d’allaitement dans l’autre main. Qui m’ont servi quand même pendant ma montée de lait qui ne voulait pas s’arrêter #moncorpscesadique

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