P'tits bouts de vie

L’enracinement, une histoire de lieu ?

Il est bien trop tôt pour que mes idées soient claires. Assise dans un RER, un dimanche matin à même pas 8h (ça pique), j’écoute les 3 cafés gourmands en regardant le paysage yvelinois défiler devant mes yeux ensommeillés.

Et la, c’est plus fort que moi, comme à chaque fois que j’entends cette chanson les larmes me montent aux yeux. 

 

Mais pourquoi donc ? Elle est gaie cette chanson ! 

Tout simplement car ce que décrit ce groupe, avec des mots si touchant, me fait fantasmer (oui le verbe est fort, mais j’assume). J’ai toujours eu envie de cet endroit où grandir, où pousser tell un arbre qui plongerait ses racines au plus profond de sa terre et s’en nourrirait pour croitre et s’épanouir (j’ai l’âme d’un poète aujourd’hui, le réveil trop matinal sans doute). 

 

 » Vous me croyez bizarre

Un peu patriotard

Le fruit de ma réflexion

Ne touchera personne

Si vos pas ne résonnent

Jamais dans ma région

C’est pire qu’une religion

Au-delà d’une confession

Je l’aime à en mourir

Pour le meilleur et pour le pire « 

 

Je suis née et j’ai grandi en Île de France, dans les Yvelines. Clairement, il y a pire, mais je n’ai pas cette sensation d’être attachée à ma terre, je vis ici parce que je n’ai pas le choix même si j’y suis tout de même heureuse. Le seul endroit dans lequel je me suis sentie profondément enracinée rend aujourd’hui une autre famille heureuse, mais je n’ai jamais eu d’attache à cette région. Je n’y ai pas grandi, je n’ai pas de souvenirs d’enfance dans l’école du village, ni d’amis sur place, seuls des souvenirs de vacances y ont été construits.

D’après l’homme, j’idéalise cet attachement à une terre natale qui m’aurait nourri et fait grandir. Peut-être a-t-il raison. Il semble judicieux de penser que l’enracinement qui me fait cruellement défaut découle de la quasi-absence de stabilité familiale qui fut le paysage de mes vingt premières années.

Peut-être que la même vie ailleurs n’aurait rien changé à ce sentiment ?

Alors maintenant, la question qui m’anime est la suivante : puis-je construire cela pour mon fils ici et maintenant ? Est-ce que le mignon petit village yvilinois dans lequel il grandit peut lui offrir ça ? Et au final, qu’ai-je réellement envie de lui offrir (ce que je n’ai pas eu, me glisse une petite voix dans ma tête…) 

Pour moi, il est primordial qu’il fréquente la crèche du village puis l’école maternelle et la primaire juste derrière la maison. Qu’il puisse aller chez ses copains à pieds en quelques minutes, qu’il connaisse chaque centimètre carrée du parc dans lequel il aime tant jouer. Qu’il se construise des souvenirs ici, qu’il s’y enracine et sachant qu’il pourra toujours revenir s’y ressourcer. Mais est-ce seulement possible ? Et après tout, est-ce réellement le lieu qui défini cela ou tout simplement le cadre de vie ? L’amour dont on est entouré ? 

Autour de moi tous les futurs retraités ne pense qu’à une chose, quitter la région ! Et si nous en avions eu la possibilité j’avoue que nous y aurions pensé aussi. Alors je me demande si cette importance que j’accorde à l’enracinement ne risque pas de devenir un poids. 

 

Comment aider son enfant à s’enraciner tout en lui offrant la liberté de partir où il le souhaitera le jour où il en ressentira le besoin ?

À défaut de pouvoir répondre à cette question, nous essayons de lui offrir l’opportunité de se construire des bases solides, sans oublier que le plus important est certainement la qualité des liens d’attachement au sein de notre famille.

 

***

Et chez vous, quel importance revêt l’attachement à votre lieu de vie ? Comment le transmettez-vous à vos enfants ?

 

 

Suivez maman chamboule tout !

15 commentaires

  • 3 kleine grenouilles

    Je comprends bien ce sentiment d’attachement à une région, notamment parce que je suis très attachée à mon département d’origine, la Nièvre. Pourtant, ce ne fut pas une histoire d’amour linéaire. A 17 ans, le bac en poche, je n’ai eu qu’une seule envie, partir loin et partir là où aucun de mes camarades n’irait (tout le monde allait faire ses études à Dijon ou Clermont-Ferrand) et j’ai atterri à Poitiers car ma sœur y habitait déjà. Puis, je suis partie à Paris et j’ai fait ma maîtrise d’histoire sur la Nièvre mais je n’ai jamais envisagé de venir m’y installer. Tu connais la suite, je suis venue m’installer en Allemagne. Depuis que j’ai des enfants, j’aurais envie de revenir vivre dans la Nièvre, que mes enfants grandissent dans une petite ville ou à la campagne. Mais ça ne se fera pas. Du côté de mon mari, il est né et a (presque) toujours vécu à Hambourg mais il est très attaché à la région d’origine de ses parents, la Bavière. Il aurait envie de vivre de nouveau à Munich (il y a vécu un an pour un stage), d’être proche des montagnes mais ça ne se fera pas.
    Mes enfants grandiront à Hambourg, en ayant de bons souvenirs de vacances de la région d’origine de maman et de la région d’origine de la famille de papa et de leur nom de famille (un nom typiquement bavarois). Probablement qu’ils seront attachés à la ville de Hambourg mais je ne sais pas s’ils le seront à notre quartier.

    • Maman chamboule tout

      Ce que tu racontes me permets de comprendre que, comme tu le dis justement, l’enracinement n’est pas forcément synonyme d’histoire d’amour linéaire. Peut-être donc que je me fais tout de même des illusions et que mon imagination (un peu débordante parfois) me joue des tours.
      Après réflexion je me dis que l’on peut sûrement se sentir très attaché aussi à une grande ville et tes enfants le seront sûrement à Hambourg, mais dans mon esprit le mot racine rime obligatoirement avec campagne, va savoir pourquoi 🤷‍♀️

  • Charlotte - Enfance Joyeuse

    Quelle jolie réflexion… <3 L'enracinement se construit au fil de l'enfance, au fil des souvenirs…. Parfois, on se sent enracinés là où on a passé des vacances, souvent et pas toujours à la maison où on a grandi… C'est une histoire de ressentis très personnels à mes yeux 🙂 Je ne verrai plus cette chanson pareil en tous cas après cet article !!! Merci à toi de partager ta réflexion avec nous…

    • Maman chamboule tout

      Tu as sûrement raison Charlotte, on peut sûrement se sentir enraciner dans des lieux où l’on a pas passé tant de temps que cela pourvu qu’il ait été de qualité !

  • Nanakie

    Dis donc, bonne réflexion …
    J’aime ma région natale, c’est certain, même si le climat océanique me fait rager d’Octobre à Mars. J’aime plus que tout revenir chez mes parents, car ils vivent toujours dans le village où j’ai grandis. J’aime revoir mon école, la maison de mes anciennes copines, la boulangerie, la Poste, l’Eglise… C’est vrai que c’est un sentiment de racines, de « chez moi ». Aujourd’hui je vis dans une grande ville en périphérie de Nantes, c’est moins familial, moins rustique, moins authentique. Je connais déjà les familles du quartier dont les enfants fréquentent la crèche, mais je n’ai jamais tenté d’avoir du relationnel avec eux. C’est peut-être un tort… mais pour être honnête, tu me fais réaliser que cette ville, ce quartier, n’a pas un gramme de la saveur qu’avait mon village natal. C’est sûrement pour cela que j’ai du mal à m’y investir relationnellement parlant.
    Quid de ma fille ? L’imaginer aimer ce quartier comme étant « ses racines » me fait un peu mal, je l’avoue…. il va falloir que je creuse cela, tiens !

    • Maman chamboule tout

      On dirait que ce billet va te donner matière à réfléchir 🤔
      Je n’ai pas ta chance de me sentir enraciner quelque part, mais par contre j’aime assez le village dans lequel nous avons choisi de vivre pour que l’idée que mon fils y plante ses racines me séduise, je crois même qu’inconsciemment cela a joué dans le choix, de mon côté du moins (l’amoureux s’en fiche un peu je crois).

  • Dinette & Paillettes (Maman Pétille)

    Une jolie réflexion qui fait pas mal écho ici. Mon lieu ressource est aussi le lieu où j’ai passé chacune de mes vacances bébé, enfant, ado et où j’ai « besoin » de retourner une fois par an, au moins (la Camargue). Un attachement fort. Idéalisé ? Aussi peut-être. Mais pourtant bien réel… Je ne me sens pas tellement ancrée dans mon lieu de vie actuel, tout proche de celui où j’ai grandi d’ailleurs… Et je me rends compte que Cracotte se projette facilement en Camargue… Est-ce que j’ai (nous avons) fini par l’influencer ? Ou ressent-elle vraiment quelque chose pour cet endroit ? Tu vas me faire cogiter une bonne partie de la soirée 😉

    • Maman chamboule tout

      J’avais déjà saisi que la Camargue et toi était synonyme d’histoire d’amour (je ne te refais pas le coup de la chanson de Brassens 😉). Comme l’a si justement souligné Charlotte, après tout on peut se sentir enraciner là où l’on a passé de bons moments sans y avoir nécessairement vécu !

  • Docteur Mamangue

    Réflexion intéressante que tu nous partages. Moi j’ai l’impression que je suis plus enracinée dans la famille que dans le lieu. Quel que soit l’endroit où on se trouve, c’est quand je passe plusieurs jours d’affilée avec mes parents et ma soeur que je retrouve les racines de mon enfance.

    • Maman chamboule tout

      Je trouve ça magique de lire tes mots, se sentir enraciner auprès de sa famille me paraît finalement plus fort encore que de l’être dans un lieu…

  • Marine

    Cette notion d’enracinement ne m’a jamais posé question, tant je suis enracinée dans ma propre famille ! Je me suis rendue compte de cela en discutant avec mon mari, qui, lui, a subi moults déménagements et en a souffert. J’ai aussi l’impression que certaines personnes ayant beaucoup voyagé dans leur enfance ne ressentent pas ce manque, peut-être parce que le cercle familial était soudé ? En tous cas, il me semble important de se sentir enraciné quelque part, c’est ce qui permet de se stabiliser quand la tempête arrive. Je suis sûre que tu y arriveras avec ton fils !

    • Maman chamboule tout

      Ton commentaire rejoint beaucoup celui de docteur Mamangue. En effet, je n’y avais jamais réfléchi sous cet angle avant, mais peut-être qu’au final c’est plus une question de liens que de lieux.

  • Dinde De Toi

    Coucou 😀 Pour ma part je ne suis enracinée nulle part, ni là où je vis ni là où j’ai grandis. Le fait de ne pas connaître ce sentiment d’appartenance à une région ne me fait d’ailleurs ni chaud ni froid. J’espère que la descendance se plaira là où nous vivons. Si elle ne veut pas y rester une fois adulte libre à elle, j’espère juste qu’elle y aura de bons souvenirs.

    • Maman chamboule tout

      Coucou, tu es la première à me faire cette la. Cela peut être une sacrée force d’être assez détachée des lieux pour ne pas y accorder d’importance ! Tu es sûrement une sage 😉

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