P'tits bouts de vie

Le meilleur outils d’éducation bienveillante : se mettre à la place de nos enfants

Et les neurosciences éclairèrent notre lanterne

Nous avons la chance, depuis quelques années, de bien mieux connaitre le cerveau humain, et donc celui des enfants, grâce aux neurosciences. Cette discipline nous a appris à comprendre de quelle façon les enfants gèrent leurs émotions (mais pas que…).

Quelques bases en neurosciences nous permettent donc de savoir, dans pas mal de cas, pourquoi nos petits pleurent, s’énervent, crient, nous rendent fous, …

On sait qu’ils n’ont pas de recule sur leurs émotions. Si un sentiment de colère les assaille ils ne sont pas en mesure, comme nous adultes, de relativiser et de se projeter vers une autre émotion plus agréable, par exemple. Ils vivent dans l’instant présent et ne se raisonnent pas. Non pas pour nous embêter, ou faire un caprice, mais tout simplement parce que leur cerveau n’est pas assez mature pour réagir autrement.

On sait qu’un bébé laissé seul à pleurer dans son lit est incapable de se dire que ses parents ne sont pas loin, qu’ils reviendront le chercher après sa sieste. Il sait juste qu’il est seul, qu’il se sent mal car il a besoin de réconfort et de la présence de ses parents, là, maintenant, tout de suite.

Ces découvertes nous permettent, en partie, de faire quelques choses dont nous n’étions pas forcément capable il y a quelques années encore : nous mettre à la place des enfants !

Maintenant que nous savons de quelle façon ils réagissent (même si les scientifiques sont loin de tout avoir découvert) il nous est possible, en cas de « crise » de nous mettre à leur place et de tenter de comprendre ce qui se passe dans leurs petits cerveaux encore immatures.

Se mettre à leur place, petit cas pratique

Exemple au pif : j’empêche mon fils de finir son activité et il se met à pleurer et à protester. je suis consciente qu’il ne le fait pas sciemment pour m’embêter. Il était concentré sur un apprentissage ou un jeu et c’est ce qu’il a envie de faire à l’instant T. Il n’est pas capable de réaliser seul qu’il pourra continuer cette activité après son bain. Je peux le lui expliquer et mettre en avant que le bain ira plus vite si il coopère, mais cette technique ne fonctionnera pas forcément selon le degré de colère de l’enfant. Pour être honnête, mon envie première dans ce cas est plutôt de le prendre sous le bras et de l’emmener de force dans la salle de bain. Oui mais, ça ne ferait qu’envenimer les choses (je ne dis pas que ça ne m’arrive jamais non plus hein, je suis humaine !).

 

Grâce à tout ce que je sais sur le fonctionnement du cerveau de l’enfant et suite à mon analyse extrêmement pointue de la situation je fais donc entrer en jeux l’outils d’éducation bienveillante le plus redoutable : j’essaie de me mettre à sa place. Ça peut paraître bête, mais avant d’avoir un enfant je n’avais jamais pensé à me mettre dans la tête de ses petits énergumènes braillards qui semblaient prendre plaisir à me faire tourner en bourique ! J’avais dans l’idée (fausse) que leur cerveau ressemblait au mien et qu’ils étaient juste soit :

  1. mal élevé
  2. Intenables
  3. Intenables et mal élevés

Et bien finalement non, c’était juste moi qui était ego centrée ! Peut-être que je débarque totalement et que tout le monde s’est déjà dit « mais bien entendu il faut se mettre illico presto à la place des enfants », mais, compte tenu de ce que j’observe parfois autour de moi, je ne suis pas certaine que ça soit vraiment le cas, d’où mon envie de partager cette astuce avec vous puisque ce qui est évident ne nous saute pas toujours aux yeux.

Dis comme cela ça paraît simple, mais ce n’est pas toujours le cas.

 

Souffler un bon coup et se lancer 

Il faut tout d’abord commencer par acquérir quelques bases nous permettant de comprendre le cerveau des enfants. Pour cela je vous conseil l’ouvrage « Pour une enfance heureuse » de Catherine Gueguen qui vulgarise très bien les découvertes des neurosciences concernant le cerveau humain.

Ensuite il faut tout de même réussir à faire (un minimum) preuve de patiente. Non ce n’est pas évident, face à un enfant hurlant et tout rouge, de se mettre à sa place. Cela nécessite de prendre un peu de recul, de faire fi du (terrible) regard des autres si l’on est pas seul chez soi, de se concentrer un minimum. La bonne nouvelle c’est qu’au fur et à mesure ça se fait de plus en plus facilement et naturellement. J’en viens même à le faire avec les enfants des autres, c’est dire !

Ce que cette technique a de magique c’est qu’elle permet de faire retomber notre colère, déjà parce que l’on se concentre sur autre chose que la crise en cour et ensuite parce qu’elle provoque un sentiment d’empathie chez celui ou celle qui la pratique. En effet, une fois que l’on se met à la place de l’enfant et que l’on imagine sa détresse de ne pas être entendu dans son souhait de continuer son activité, couplé à la fatigue de sa longue journée de crèche et à son besoin de se décharger auprès de sa personne repère, normalement l’empathie s’invite dans l’équation.

En se mettant à la place des enfants et donc en imaginant leur état d’esprit, on est bien plus enclins à trouver les mots justes et les astuces pour nous sortir sans trop de larmes et de cris des situations de crises. Je ne dis pas que ça fonctionne toujours, mais la plupart du temps on ne s’en sort pas trop mal. Parfois on perd 5 minutes à expliquer, argumenter ou distraire, mais comme on gagne 15 minutes de pleurs et de cris ça peut valoir le coup !

 

Et vous, avez-vous déjà tester cette astuce ? Qu’en avez-vous pensé ?

 

 

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12 commentaires

  • Maëliss Doula

    Oh oui! Cela amène tellement de chose, c’est tellement essentiel et tellement difficile…

    Lors des ateliers que j’anime, des conférences que je donne, c’est très clairement un point essentiel que je travail: se mettre à la place de l’enfant, de l’autre,…

    Merci pour ton article! 🙂

    • Maman chamboule tout

      Merci à toi pour ton commentaire ! C’est essentiel en effet, mais j’ai l’impression que ce n’est pas forcément évident, on ne nous a pas appris ce respect la de l’enfant et ce n’est pas encore naturel. Espérons que ça le deviendra un jour !

  • Charlotte - Enfance Joyeuse

    Super article ! J’aime beaucoup la manière que tu as d’aborder le sujet !
    Je crois que c’est LA chose que je fais au quotidien : me mettre à la place de l’enfant. Soit pour comprendre ce qu’il vit et m’enlever mes réflexions d’adulte soit pour me demander si ce que je fais est réellement justifié pour lui.
    Merci beaucoup pour ce billet !
    A bientôt,
    Charlotte.

    • Maman chamboule tout

      Merci à toi pour ton commentaire ! C’est vraiment l’impression que donne tes articles, on sent que tu te mets à leur place ! C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles je suis fan 😘

  • une mummy

    Tout cela est tellement vrai! J’ajouterais à ton très bon article que plus on s’efforce de le faire, plus ça devient facile voire naturel. Maintenant, j’ai l’impression d’avoir le cerveau de ma fille greffé à côté du mien, je pourrais presque entendre ce qu’elle pense à un instant T! Le livre de C.Guegen est très bien, sinon « J’ai tout essayé » de Filliozat sera peut-être plus accessible à ceux qui ne lisent pas avec plaisir.
    En tout cas, après deux ans et demi de pratique, cela ne me demande guère plus d’efforts et c’est très gratifiant car quand une situation de crise intervient, les regards de base critiques deviennent souvent surpris voire attendris de voir avec quelle rapidité et tendresse la crise se résout.

    • Maman chamboule tout

      Merci beaucoup pour ton commentaire ! En effet je n’avais pas pensé au livre de Filliozat et c’est vrai qu’il se lit plus facilement, moins d’informations scientifiques et des illustrations ! Ton témoignage quant à la résolution de crise en publique fait plaisir à lire 😉

  • Allegretto

    C’est très vrai tout ça ! Moi je reviens de loin et ce sont des choses que je découvre maintenant… Oui, j’ai déjà trois enfants, bon, mieux vaut tard que jamais ! Ce qui est vrai, c’est que quand on se met à leur place, on devient beaucoup moins bête, en fait… Je dis ça pour moi !

    • Maman chamboule tout

      Je suis tout à fait d’accord avec toi, mieux vaut tard que jamais ! L’important ce de savoir se remettre en question. En effet, on devient plus intelligent Grace à cet exercice mais ce n’est pas valable que pour toi 😉

  • Nanakie

    Eh oui ça coule de source mais en fait on ne le fait jamais …. avant d’y avoir été sensibilisé !
    Exemple dans ma grande famille ce weekend : nous sommes sortit dans le jardin du restaurant où l’on mangeait, pour faire une photo de groupe. Le fils d’une cousine n’étais pas « coopérant » car courir dans le jardin après 4h de voiture l’intéressait bien plus que de rester assis à dire « Ouistiti » 10 fois !
    Eh bien, tout le monde l’a trouvé « intenable » et désobéissant :/ … personne n’a pensé qu’à 3 ans, on se fiche des photos et on a besoin de bouger ! J’avais l’air d’être la seule à qui cela paraissait logique que cet enfant ne reste pas statique comme on l’aurai souhaité ! Mais après avoir exposé ma façon de voir, les gens avaient l’air de changer d’avis 😄 !

    • Maman chamboule tout

      Tu as raison, c’est vraiment une question de sensibilisation ! Mais le côté très positif de ton exemple c’est qu’avec une explication toute simple tu as réussi à faire prendre conscience aux autres que l’attitude de cet enfant était tout à fait normal ! Il y a des l’espoir pour ta famille 😉

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