allaitementAllaitement et maternage sont-ils forcément interdépendants ?

C’est grâce à Working Mutti, une blogueuse que j’aime beaucoup et dont je vous invite à découvrir les billets, que l’idée de cet article à pointé le bout de son nez. Il y a peu, elle a écrit ce billet sur le thème de l’allaitement. Cette maman pour qui le maternage n’est pas une évidence se demande si l’allaitement l’entraîne obligatoirement. Du coup, ses interrogations m’ont fait réfléchir, et comme je suis généreuse et magnanime je vous fait part du résultat de ma gymnastique mentale.

Alors à mon sens, l’un et l’autre sont particulièrement liés. Il le sont car il me semble que le maternage proximal découle de l’allaitement. Allaiter un nourrisson, ne nous mentons pas, c’est l’avoir au moins 6 h par jour au sein. Et cette proximité génère énormément d’endorphine. Cette hormone, qui participe à l’attachement mère/enfant, est à l’origine d’un bien être particulier quand bébé et maman sont en peau à peau et durant la tétée. Ce lien est si agréable qu’il devient de plus en plus important pour les deux. C’est, il me semble, une partie de l’explication du lien maternage/allaitement. En effet, quand on nourrit son enfant au biberon notre corps ne produit pas ces pics d’hormones et le besoin de contact physique est moins intense.

L’allaitement demande également une grande proximité physique pour des raisons d’ordre technique. Pour qu’un tout petit bébé prenne bien le sein il est recommandé de le faire téter dès qu’il montre des signes d’éveil ou même d’agitation. Un bébé trop affamé ne sera pas assez patient pour attendre que le lait arrive car ce n’est pas instantané, il faut qu’il tète un peu. Il risque alors de s’énerver et d’avoir des difficultés à prendre.

Au delà des ces explications hormonales et techniques, l’allaitement créait un lien très particulier entre la maman et son bébé. L’enfant semble comprendre que sa maman est très réceptive à ses besoins, qu’ils soient physiques ou affectifs. Il n’hésite donc pas à les exprimer, ce qui peut conduire à avoir parfois l’impression que les bébés allaités sont “collés” à leur mère et demande plus d’attention que ceux nourris au biberon. Rassurez-vous, ce n’est pas le cas, dès qu’ils prennent un peu d’autonomie ils s’éloignent pour aller explorer le monde tranquillement. Mais c’est vrai que, tel un avion qui viendrait faire le plein de carburant sur son porte-avion, l’enfant allaité revient vers sa maman, sa base affective, dès qu’il a besoin de faire le plein d’amour et d’énergie pour continuer ses découvertes (l’image est d’Isabelle Filliozat, pas de moi !).

Oui mais… toutes les mamans qui allaitent ne pratiquent pas forcément le maternage proximal sur le long terme. Le nourrisson ne tète 6h par jour que durant les deux/trois premiers mois de sa vie, grand maximum. À partir de 6 semaines environ, bébé Lu avait une succion bien plus efficace qu’à la naissance et il tétait bien plus vite, d’autant qu’il avait surtout envie de découvrir ce qui se passait autour de lui. À cet âge (les fameux deux/trois mois), il n’est plus nécessaire de répondre dans la minutes aux signes d’éveil de bébé. D’ailleurs certains bébés font même leur nuit à ce moment là (c’était le cas de bébé Lu, c’est vers 6 mois que ça s’est gâté !). Je connais des femmes qui ont allaité des enfants dormant dans leur propre chambre sans que cela ne pose problème.

Je pense donc que le maternage proximal est une nécessité pour bien démarrer l’allaitement mais pas forcément pour toute la durée de l’allaitement. Une fois le processus lancée, les montées de lait bien installées, il n’est plus nécessaire.

Certaine maman, dont je fais partie, continuerons sur cette voie par choix, ou tout simplement car elles ne savent pas faire autrement et que c’est pour elles une évidence. D’autre préféreront instaurer une petite distance physique en mettant, par exemple, l’enfant dans sa chambre assez rapidement.

Au delà des considérations d’hormones et d’allaitement je crois que le maternage proximal est une façon de faire qui s’impose ou non aux mamans. Certaines s’y sentiront comme des poissons dans l’eau sans allaiter (quelque soit la raison de ce non allaitement), d’autres ne seront pas assez à l’aise pour le pratiquer sur le long terme. Cela dépend,il me semble, du ressenti et de la culture de chacune. Les habitudes de vie nous influencent énormément, j’avais d’ailleurs déjà abordé ce thème ici.

Mais, ce qui est certain, c’est que l’allaitement peut nous permettre de découvrir le maternage proximal.

Et pour vous, ça se passe comment ?

Suivez maman chamboule tout !

11 thoughts on “L’allaitement induit-il le maternage proximal ?”

  1. Je suis d’accord avec toi notamment sur le fait que certaines se sentiront à l’aise avec l’idée d’un maternage proximal alors que pour d’autres cela sera bien moins évident. Et de ce fait, l’allaitement y contribue ou non.
    Mais je pense en effet, qu’allaiter au sein peut permettre de découvrir le maternage proximal (bien qu’il n’y est, je pense, pas de vérité absolue 😉 ) !
    PS / Super article en lien avec la SMAM 😉

    1. Merci Charlotte 😉
      C’est certain il n’y a pas de vérité absolue, mais malgré tout certaine situation, comme l’allaitement, se prêtent beaucoup au maternage proximal mais bien entendu, au delà de ça notre propre ressentis joue beaucoup.

  2. Je crois que d’instinct, je dirai que allaitement = maternage, en effet. En tout cas, allaitement qui dure.
    Bébée est dans sa chambre depuis ses 5 mois, n’a jamais dormit en cododo, mais je me considère maternante. Elle tète toujours la nuit (en fait…. elle a fait ses nuits, puis ça s’est gâté comme tu le dis !!). Je me lève (et je te bouscule … oups pardon) chaque nuit pour répondre à ses appels.

    Et je dirai aussi que l’inverse n’est pas vrai (biberon /= maternage). En effet, ce n’est pas binaire mais au bien plus complexe, et l’on peut changer selon le développement de son enfant !
    Intéressante piste de réflexion en tout cas !

    1. Merci Nanakie ! Ta fille s’est mise à se réveiller alors qu’elle dormait déjà dans sa chambre ? Parce qu’ici bébé Lu a fait ses nuits jusqu’à environ 6 mois sans problème et s’est mis à se réveiller après, de plus en plus, jusqu’à ce que, épuisée, je capitule et le mette dans le notre à son premier réveil vers ses 11 mois, je crois… On m’a souvent dit que c’était parce qu’il dormait avec moi d’où l’intérêt que je porte à votre situation 😉

      1. Alors oui, elle a dormit dans sa chambre à ses 5 mois (elle faisait 10heures de nuit depuis ses 6/7 semaines).
        Et elle a commencé à se réveiller la nuit vers 10 mois (moment de l’angoisse de séparation? ) .
        Aujourd’hui 14 mois, nuits aléatoires…

        On ne pratique pas le cododo car ça ne l’apaise pas (va savoir pourquoi? ) , elle est très agitée au milieu de nous, donne des coups, se lève, saute sur le lit, parle… bref, personne ne dort ! Et pourtant, c’est pas faute d’essayer de temps en temps car je n’y suis pas su tout opposée! Donc bah … je me lève, plusieurs fois, durant parfois longtemps, pour la rendormir dans sa chambre.

        1. Je retrouve un peu le même schéma que chez nous… finalement il faut se dire que c’est normal, que le sommeil des bébés n’est pas le même que le notre et faire avec. Par contre qu’elle ne veuille pas du cododo c’est dure pour toi… courage !

          1. J’ai arrêté de chercher à tout prix une explication … comme tu le dis, le sommeil des bébés n’a rien à voir avec le notre ! Me demander sans arrêt « pourquoi?  » me rendait chèvre!!

  3. Pour ma première j’étais assez rigide et elle a dormi très vite (vers 1 mois) dans sa chambre. Pour les deux suivants je n’étais plus du tout dans cet état d’esprit et ils ont dormi longtemps avec nous (presque 1 an), et j’en suis ravie ! j’ai beaucoup aimé cette période, sentir mon bébé près de moi, l’entendre respirer… Le papa, moins 😀 il en a été très gêné dans son sommeil !

    1. Je ne sais pas trop comment j’aurais agis si j’avais eu le choix, mais comme il nous manque une chambre pour l’instant ça s’est fait tout naturellement. Mais j’avoue que ça ne me dérange pas vraiment en fait, je vois le côté pratique (et puis finalement on aime bien qu’il soit avec nous). Ici ça arrange bien le papa car si bébé était dans sa chambre je ne ferais pas de quartier et il se lèverai pour aller s’en occuper !

  4. Je suis flattée que mon article t’ai inspirée :). J’avais complètement zappé tout le côté hormonal de la chose qui effectivement joue un rôle non négligeable. Je me suis fait aussi une réflexion: j’avais un contact physique assez limités avec les jumeaux, mais beaucoup plus avec Samuel. Samuel est aujourd’hui un bambin très apaisé, très souriant et très facile à vivre. Il n’a jamais eu d’épisodes de pleurs du soir pour se décharger. Il doit y avoir un lien entre notre proximité et le fait qu’il se sente calme et rassuré aujourd’hui.

    1. Oui le côté hormonal joue beaucoup… par contre je pense aussi que chaque enfant à son caractère propre, bien sûr le contact physique que tu as eu avec Samuel est forcément bénéfique mais ne culpabilise pas si ce n’est pas le cas avec tes deux autres garçons, ils ont peut être juste un autre caractère !
      Tu m’inspires tellement que je prépare un article sur le tire allaitement grâce à toi 😉

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