Allaitement

Jusqu’au sevrage naturel


Tout d’abord, le sevrage naturel, c’est quoi ?

 

Il existe plusieurs définitions du sevrage naturel : Dans le Petit Larousse 2001, à sevrage on lit : « action de sevrer un enfant, fait d’être sevré », et à sevrer : « cesser l’allaitement d’un enfant pour lui donner une alimentation plus solide ». Dans le Petit Robert, le sevrage, c’est le fait de « cesser progressivement d’allaiter ». C’est de l’arrêt de l’allaitement à l’initiative de l’enfant dont j’avais envie de vous parler aujourd’hui.

Rappelons au passage qu’il n’existe pas d’allaitement long, il n’existe que des allaitements non écourtés. En France nous avons l’habitude de sevrer les bébés de façon particulièrement précoce ce qui correspond à un écourtement de l’allaitement. Or, ce que l’on considère comme un allaitement long n’est autre que la durée biologique et naturelle qu’est censé avoir l’allaitement.

 

Mais alors, le sevrage naturel se produit quand ?

L’âge du sevrage naturel sera propre à chaque enfant, mais en corrélant les différentes études sur le sujet on peut dire qu’il intervient entre 3 et 7 ans chez les humains.

Chez les mammifères (oui, oui, nous en sommes !), l’âge du sevrage correspondrait à celui auquel le bébé quadruple son poids de naissance (à quelques mois près), 6 fois la durée de la gestation chez les primates ou encore l’âge d’apparition des premières molaires. Remarquons que chez les petits humains cela correspond aussi à la période à laquelle le système immunitaire arrive à maturation (entre 5 et 6 ans). On sait également que le corps du petit humain secrète du lactase (enzyme permettant la digestion du lactose) jusqu’à l’âge de 5 à 10 ans, selons les populations étudiées. Il serait donc logique que cette période de notre vie ou notre corps assimile le lactose corresponde à la durée “normal” de l’allaitement.

Dans les société occidentales il est assez rare que l’allaitement dure plus de 3 ou 4 ans en raison de nos habitudes de vie et de nos modes alimentaires.

Pour en savoir plus n’hésitez pas à lire l’article de la Leche League sur le sujet. Sources : www.lllfrance.org et Allaiter plus longtemps de Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, livre que je vous invite également vraiment à lire, je vous en parlais ici.

 

Et dans la famille Chamboule Tout, ça donne quoi ?

J’ai toujours su que le jour ou je deviendrai maman j’allaiterai mon enfant. Je ne me suis jamais posée de question à ce sujet, éducation dans la culture de l’allaitement oblige ! En revanche, je ne m’étais pas imaginé allaiter si longtemps. Dans mon esprit, allaitement rimait avec petit bébé, l’enfant de la famille allaité le plus longtemps, ma petite soeur, l’a été jusqu’à 1 an environ. Avant la naissance de bébé Lu, j’avais prévu d’essayer d’aller jusqu’à ses 6 mois, sachant que je reprendrais le travail à ses 5 mois. Je pensais l’habituer tranquillement au biberon 1 mois avant de reprendre, et continuer un peu à l’allaiter matin et soir durant un mois ou deux…

Et puis bébé Lu est né… j’ai eu la chance de découvrir l’intensité de l’amour maternel, j’ai été complètement chamboulée, toutes mes certitudes en matière d’éducation ont volé en éclat, bref je rabâche un peu… Je venais de donner naissance à un petit être dont la survie dépendait totalement de moi, mon lait était le meilleur aliment qui soit pour lui et notre allaitement lui apportait toute la sécurité affective dont il avait besoin. Alors pourquoi cesser quand il en avait encore tant besoin (et moi aussi, soit dit en passant…).

Continuer à allaiter mon fils m’a aidé à reprendre le travail à peu près sereinement (c’est un bien grand mot). Je n’avais qu’une envie : rester encore à la maison avec mon bébé. Je ne vous ferais pas de topo sur l’impossibilité de prendre un congé parental en France lorsqu’on a qu’un enfant, et donc droit à rien au delà de ses 6 mois ! Malgré nos tentatives nous n’avons pas gagné au loto. Il a donc bien fallu laisser mon tout-petit à la crèche et retourner gagner ma croûte. Continuer à l’allaiter me donnait l’impression que, grâce à mon lait qu’il buvait là-bas, je restais tout de même un peu près de lui la journée. Je me suis donnée corps et âme dans ce tire-allaitement. Me levant 30 minutes plus tôt pour tirer le matin, mangeant sur le pouce le midi afin de disposer du temps nécessaire pour me servir de ma machine de guerre. En rentrant du travail je courais récupérer mon bébé à la crèche et je tirais à nouveau en jouant avec lui (je n’ai jamais réussi à le faire téter en même temps, ça fuyait toujours partout !). Le soir, avant d’aller me coucher, je remettais le couvert, hummm pardon, les téterelles plutôt ! Ça a été assez difficile cette période de tire-allaitement quand j’y repense, mais je suis fière de l’avoir fait.

Toujours est-il qu’on a continué tranquillement notre petit bonhomme de chemin et que bébé Lu a toujours téter à la demande quand j’étais là.

Puis, vers ses 15 ou 16 mois il a prononcé l’un de ses premiers mots : « toutou ». Comprenez par la “toutouille”, mot qui, chez nous, désigne la tétée. A partir de ce moment là j’ai pris encore plus conscience de l’importance que l’allaitement avait pour lui. Si il avait une contrariété, un bobo ou juste un coup de fatigue la tétée le calmait et lui redonnait l’énergie dont il avait besoin pour vivre sa vie de bébé et explorer le monde.

C’est à partir de ce moment que j’ai compris que nous irions jusqu’au sevrage naturel. J’en avais l’envie depuis longtemps sans en être certaine, mais c’est devenu une évidence : jamais je ne pourrais privé mon fils de cette relation qui lui permet de bien grandir et de ce lait si cher à son cœur. Sevrer un bébé de quelques mois ne représente pas énormément de difficulté, il ne sait pas encore s’exprimer et si il a vraiment faim il finit de toute façon par prendre ce qu’on lui donne. Sevrer un bambin me paraît bien plus compliqué ! Un enfant de l’âge de mon fils ne tète pas parce qu’il a faim en général, même si ça arrive parfois. Il tète parce qu’il en a envie et besoin et il sait très bien ce qu’il veut. Il m’est arrivé de ne pas pouvoir, ou vouloir, faire téter mon fils. Sortir mes seins au parc en plein hiver alors qu’il ne meurt pas de faim me tente très moyennement et il m’arrive de refuser des tétées. Dans ce cas c’est assez vite la catastrophe même si il commence à se familiariser avec le notion de « tout à l’heure ». Mais n’allez pas imaginer qu’en rentrant à la maison il oubliera la tétée promise !

Je suis tout à fait consciente que tous les enfants sont différents, mais franchement, je ne vois pas comment je pourrais sevrer mon fils même si j’en avais envie… je pense que ça pourrait être un véritable déchirement pour lui et je ne suis pas certaine qu’il comprendrais pourquoi je le prive de téter.

Du coup, advienne que pourra, nous continuons notre belle aventure lactée. Un jour, je sais qu’il aura assez tété, que la sécurité affective que contribue à lui créer la tétée sera acquise et qu’il pourra tranquillement se détacher de notre allaitement. En attendant on se prend des shoots d’hormones et d’amour sur fond de lait chaud qui sent bon !

Et vous, avez-vous envie d’aller jusqu’au sevrage naturel ? Avez-vous rencontré un extra-terrestre qui l’a fait ? A moins que vous ne soyez l’extra-terrestre en question ? Dites-moi tout en commentaire !

 

Suivez maman chamboule tout !

6 commentaires

  • Nanakie

    Je suis ambivalente sur le sujet. J’adore allaiter, ce fut une révélation pour moi, et je trouve magnifique l’idée d’aller jusqu’au sevrage naturel. Mais je m’imagine mal allaiter au-delà de la scolarisation, va savoir pourquoi … Aussi, j’ai parfois envie de retrouver mon corps « que pour moi », parfois marre de le partager. Enfin, en cas d’autre grossesse la question se posera car je ne me vois pas du tout co-allaiter.
    Pour l’instant l’aventure lactée se poursuit pour nous, mais je ne sais pas du tout jusqu’à quand !

  • 3 kleine grenouilles

    J’ai allaité mes deux grands jusqu’à un an et demi si je me souviens bien mais il s’agissait principalement de la tétée du soir les six derniers mois. Je ne me souviens plus vraiment de la fin de l’allaitement, je crois que j’ai profité d’un déplacement professionnel de trois jours pour arrêter. Je leur avais expliqué avant de partir qu’on allait arrêter et il n’y a pas eu de demande de leur part à mon retour.
    Le co-allaitement était hors de question pour moi, je voulais pouvoir donner autant au bébé nouveau-né qu’à mon premier enfant. Je ne voulais pas non plus allaiter tout en étant enceinte. Difficile à expliquer mais ça m’aurait mis mal à l’aise.
    Quant au sevrage naturel, j’aurais été curieuse de savoir jusqu’à quand les deux grands auraient pu téter mais j’avais envie d’arrêter et ça me semblait important de ne pas me forcer.

  • Docteur Mamangue

    Chez nous allaitement 1 an pour numéro 1 et 14 mois pour numéro 2. Pour les 2, même scenario, c’est la grossesse suivante qui a mis fin à l’allaitement. Très rapidement, baisse de lactation et bébé qui ne réclame plus vraiment ou tête quelques minutes et se détourne. A chaque fois, ils se sont sevrés en quelques jours et n’ont plus jamais réclamé.

  • Caroline

    Jai toujours dit que j’allaiterais a autant que besoin mais si ca pouvait se faire jusqu’à 2 ans ce serait génial. Un peu difficile de me faire à l’idée de ne rien ne pas réapproprier mon corps. Et puis peut être que l’envie d’un deuxieme et mon absence de retour de couches me poussera à induire Lena enragé. Aucune limite. On avance par étape et on verra !

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