P'tits bouts de vie

Dans quelle mesure influence-t-on les choix nos enfants ?

Épineuse question que celle à laquelle je m’attaque aujourd’hui ! Depuis la naissance de mon fils, je mets un point d’honneur à essayer de ne pas me projeter dans son avenir. J’essaie de ne pas l’imaginer ayant tel ou tel trait de caractère, faisant tel ou tel sport ou encore telles ou telles études. Je sais trop ce que c’est que de grandir en cherchant à correspondre à ce que les autres attendent de nous, et échouer…

Je rêve que mon fils puisse choisir sa voie, non pas en fonction de ce dont les autres veulent pour lui, mais bien en répondant à ses propres envies. J’aimerais qu’il puisse nous dire qu’il ne veut pas faire de longues études (si c’est le cas) sans craindre de nous décevoir, par exemple…  en réalité, ce dont je rêve vraiment, c’est qu’il sache que quoi qu’il fasse et quelques soient ses choix cela ne changera rien à l’amour et à la fierté que l’on éprouve pour lui.

Mais je suis bien consciente qu’il s’agit d’un objectif très difficile à atteindre. De par nos choix de vie et d’éducation nous mettons déjà nos enfants dans une certaine voie, qu’on le veuille ou non, nous les influençons. Ça ne me paraît pas forcément être une mauvaise chose d’ailleurs, la plupart des éducations offre une culture et des racines à nos enfants.

Papa d’amour et moi adorons l’art, l’architecture en particulier. Nous sommes capables de passer tous nos week-ends dans des châteaux ou des musées. Forcément, nous traînons les enfants avec nous (on m’a dit que je n’avais pas le droit de les laisser dans le placard #humournoirpasdrole). Nous avons envie de leur faire découvrir plein de choses, de leur ouvrir l’esprit et de les rendre curieux. Donc, même si nos intentions sont louables c’est déjà une façon d’orienter nos enfants…

Un futur archéologue peut-être ? 

Et puis, soyons honnêtes, chaque parent a ses préférences quand il s’agit de l’avenir de ses rejetons. Hier, en allant travailler, je suis passée comme chaque matin près de l’arrêt de bus. Des lycéens attendaient, discutant en petits groupes.  Il y avait un groupe de jeunes très BCBG, vestes bien coupées ouvertes sur des chemises repassées ou des beaux pulls en laines, jeans et petites basquettes de ville au pieds. Non loin d’eux, le gang des joggings sévissait. Casquettes négligemment posées sur le crâne, je dis bien posée, en mode je n’aurais pas l’air assez bête si je la mettais correctement. Affublé de joggings mous donnant l’impression qu’ils portaient des couches et de baskets en plastiques fluos. Parlant fort et crachant par terre ils interpellaient une pauvre fille à coup de “hé t’es trop bonne”. Je sais, ça fait cliché, mais promis je n’ai rien inventé.  

Bref, rien que ma description vous permet sans doute de savoir dans quel groupe je préférerais voir mon fils. Je dois l’avouer je suis un peu ellitiste sur les bords, mais je me soigne ! Tout ça pour dire que si petit Lu décide de regarder les marseillais parce que leur niveau culturel le fais baver d’envie je risque de sérieusement laisser tomber mes principes pour le remettre sur ce que je considère être le droit chemin.

Bien entendu j’essaie d’être la plus ouverte possible. Je tente de ne jamais critiquer des situations, qu’elles soient professionnelles ou personnelles, devant les enfants. Quand grande Ju, par exemple, critique tel ou tel enfant de sa classe nous essayons toujours de lui inculquer la tolérance. On explique que tous les enfants n’ont pas la chance d’avoir des parents disponibles pour s’occuper d’eux, que certaines situations familiales peuvent les pousser à avoir des comportements qu’elle juge problématiques.

Malgré tout, il faut être honnête, on a beau tenir de beaux discours plein de tolérance, si elle se met à fréquenter des élèves “à problèmes”, agressifs et/ou ayant une ce que l’on considère comme mauvaise influence, on va sérieusement tirer la tronche.

Je pense que l’on peut dire que, même si on essaie d’ouvrir au maximum le champ des possibles en terme d’avenir à nos enfants, secrètement, au fond de nous, on espère qu’ils “réussiront”. Je n’entend pas par là qu’ils deviennent riches et socialement reconnus. Non, je souhaite avant tout qu’ils soient heureux mais je rêve aussi que la culture les touche, qu’ils développent leur sensibilité et qu’ils soient curieux de tout.

Bref, même en essayant de faire attention, de ne pas faire de plan sur la comète, soyons honnête, je pense que l’éducation que nous donnons à nos enfants influe sur leurs choix d’avenir.

Et vous, pensez-vous que vos enfants seront vraiment libres de faire leurs propres choix ? Nos influences pourraient-elles être tout de même positives ?    

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12 commentaires

  • une mummy

    Une réflexion très intéressante que je ne me suis jamais posée en ces termes. Disons que j’ai conscience depuis le départ qu’en naissant dans telle famille plutôt que dans telle autre, appartenant à telle classe sociale, ayant fait tel niveau d’études, ayant tels hobbies, notre fille serait forcément « influencée » concernant ses centres d’intérêt. Néanmoins, comme toi, à mes yeux elle réussira sa vie en prenant une voie qui la rende heureuse, tout simplement. Je n’attendrai pas d’elle qu’elle fasse notre niveau d’études ou aille dans telle voie reconnue comme meilleure. Qu’elle fasse médecine, sciences po ou un métier manuel, je m’en fiche tant qu’elle s’y sent bien. Je pense qu’on influence forcément nos enfants de par la culture qu’on leur transmet mais j’estime que l’on peut rester neutre concernant leurs choix de vie future. Après, je suis peut-être naïve! :p

    • Maman chamboule tout

      En fait avant d’avoir mon fils j’avais des idées préconçues sur pas mal de choses et je faisais souvent rimer réussites sociale et financière et bonheur (j’ai honte mais ici j’essaie d’être là plus honnête possible). Maintenant j’ai l’impression d’avoir compris tellement de choses que j’ai envie d’offrir la plus grande liberté possible aux enfants. J’espère que tu as raison et qu’on peut rester neutre 😉

  • Charlotte - Enfance Joyeuse

    J’ai fais une « thèse » à ce sujet pendant mes études… C’est un sujet qui me passionne : la liberté de devenir qui on est avec ou sans empreinte de la famille. Et puis finalement, je pense qu’il y a, comme toujours, un coté oui et un coté non. Les enfants sont forcément influencés par les choix parentaux mais ils se différencient toujours à un moment ou un autre avec leurs propres prérogatives et ce qu’ils ont en eux. En tous cas, vaste sujet! et je trouve ça super que tu te questionnes dessus !

    PS/ tu n’apparaissais pas dans mon fil d’actualité Hello Coton, bizarre…

    • Maman chamboule tout

      Je suis d’accord avec toi Charlotte, c’est un sujet passionnant ! J’espère juste que quand mon fils voudra se distinguer il le fera pour son bonheur et son accomplissement et non pas pour nous faire plaisir ou nous déplaire d’ailleurs !
      Je vais vérifier cette histoire de fil d’actualité Hellocoton, merci pour l’info 😉

  • 3 kleine grenouilles

    La personnalité de l’enfant est primordiale pour son orientation mais bien sûr que la famille a une grande influence. Le milieu social aussi. Quand on est enfant de bourgeois, on a naturellement un panel d’orientations beaucoup plus ouvert que quand on est un enfant d’ouvriers. Le plafond de verre est une réalité pour beaucoup.

    • Maman chamboule tout

      Je pense malheureusement que tu as raison et que c’est souvent le cas. Mais mon côté positif voit aussi ceux qui ont réussis à se découvrir et faire ce dont ils avaient envie malgré leurs origines plus modestes.

  • Working Mutti

    Je me suis aussi souvent posée cette question. Je veux leur laisser le choix, mais qu’est-ce qui va se passer si un jour ils se mettent à regarder/écouter «  »de la merde » » ? A quel point je vais les contraindre dans mon droit chemin ?

    Mr G et moi avons beaucoup de points communs. Nous sommes assez isolés socialement et nos amis sont plutôt comme nous. Est ce que ça va suffire niveau ouverture d’esprit?

    • Maman chamboule tout

      Pour être honnête je ne sais pas si je tolérerais ce que je considère comme de la misère intellectuelle… j’espère ne jamais être confrontée à la question 🤔
      Niveau ouverture d’esprit je pense que le principal est de faire découvrir déjà nos contres d’intérêts aux enfants tout en étant attentif aux leurs pour tenter de les nourrir…

  • Emmeline

    Bonjour,

    Très touchant billet qui me pousse à faire mon premier commentaire je crois bien…
    Pour ma part, même si ça n’est pas politiquement correct, je pense que la culture (classique ou non) et le respect de l’autre (et pour moi ce qu’on appelle la bonne éducation en fait partie) sont des valeurs universelles et qu’elles sont meilleures que la vulgarité et le toupourmagueulisme (c’est un mot, parfaitement). Et du coup je n’aurai aucun scrupule à encourager mes enfants dans la première voie et à dénigrer la seconde, et ses représentants avec.

    En revanche ça n’a rien à voir avec la « réussite » au sens financier, gloriole ou même scolaire : pour prendre un exemple de la Toile, j’adorerais que mes enfants fréquentent des rejetons comme ceux de Marie Chioca même s’ils ne font « que » un bac agricole (par choix visiblement, mais d’ailleurs et quand bien même) car toute sa famille respire le respect de soi, d’autrui, de la langue française et même de la planète…

    • Maman chamboule tout

      Bienvenue Emmeline et merci pour ce premier commentaire ! Je suis assez d’accord avec toi, j’aimerais enseigner l’amour et le respect à mes enfants. Mais si ils ne suivent pas ce chemin je ne sais pas trop comment je réagirais 🤔
      Je dois sortir d’une grotte mais je ne connais pas cette fameuse Marie Chioca, je file me renseigner !

  • maman-conseils-pratiques

    Il est clair que nous voulons tous que nos enfants soient beaux et intelligents. On veut tellement le meilleur pour eux. Mais finalement, n’est-ce-pas le meilleur pour nous ? Le plus important à mes yeux, c’est que mes enfants soient heureux, quoi qu’ils fassent. Et surtout, j’espère que mon chéri et moi leur avons inculqué l’envie d’y arriver, sans piétiner les autres, et en respectant chacun. Forcément, nous les influençons, que ce soit positif ou négatif. Leur libre arbitre fera le reste. Et puis les respecter en tant qu’individu propre, c’est respecter leur choix qu’ils nous plaisent ou pas. C’est ça aussi être parent, pouvoir leur lâcher la main quand c’est nécessaire.

  • Maëliss Doula

    Merci pour cette réflexion!

    Et oui, on influence nos enfants… C’est le coté merveilleux de se rendre compte qu’ils utilisent les outils de parentalité positive que nous employons… et puis les entendre jurer comme nous le faisons sans pouvoir toujours nous corriger…

    Ah, sacré job que celui de parent! 😉

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