tire lait spectra

La position de celle qui n’a pas encore allaité (et qui prend un peu trop facilement les gens pour des fous)

Lorsque j’attendais bébé Lu j’ai rencontré une “drôle de dame” au cours que donnait ma sage-femme concernant l’allaitement. Une future maman qui avait allaité son premier enfant et avait continué après la reprise du travail en tirant son lait, chez elle et au travail. Mais quelle folle me suis-je dis ! J’avais très envie d’allaiter, mais fallait quand même pas déconner, et puis le tire lait, quelle horreur ! Cet espèce de tue l’amour qui engloutit les seins en donnant l’impression qu’ils resteront difformes à tout jamais… non vraiment je ne comprenais pas cette maman !

 

Le revirement de situation

Et puis mon fils est né. Je l’ai allaité sans aucun problème, comme si c’était une évidence. Il a passé de longues heures à téter pour mon plus grand bonheur, j’ai découvert une relation magique à travers cet allaitement et à partir de ce moment là je n’ai eu qu’une peur… que cela s’arrête !

J’étais prête à tout pour que rien de nous enlève ces moments si particuliers de communion entre bébé et maman. Je voyais les jours et les semaines défiler. Certaines personnes me conseillaient déjà de commencer à lui donner du lait artificiel pour qu’il s’habitue ! Ah, ce que les bonnes habitudes ont la peau dure dans notre pays. J’y ai pensé mais je n’arrivais pas à m’y résoudre. À ce moment là j’ai eu la possibilité de goûter du lait en poudre, chez une copine qui préparait le biberon de son bébé. Soyons honnête, ce truc est infâme ! Ça sent particulièrement mauvais et que dire du goût. J’ai goûté à mon lait et la différence est flagrante. À ce moment là, je me suis promise de trouver une solution pour que bébé Lu continue à ne boire que mon lait.

Lors d’un rendez-vous avec ma sage-femme je lui ai parlé de mon envie de continuer l’allaitement, malgré la reprise du travail. Elle m’a confirmé que cela lui paraissait tout à fait possible et m’a prescrit la location d’un tire lait électrique, m’orientant au passage vers un site permettant de choisir son modèle. À ce moment là ma décision était vraiment prise, je ferais ce qu’il fallait pour que notre allaitement perdure. Tel wondermaman, je me sentais prête ! J’ai choisi un tire lait compact, silencieux et fonctionnant sur batterie : le Spectra R1. Classe comme nom, non ? On dirait celui d’un vaisseau de Starwars prêt à sauver Leia. En vrai, il ne vole pas et n’est même pas équipé de munition mais il tient ses promesses.

 

Remplir à bloc le congélateur de lait maternel

J’ai donc reçu mon engin de guerre au début du mois de juillet et ma reprise était prévu pour fin août. Sachant que nous partions deux semaines en vacances entre temps, j’avais environ 5 à 6 semaines pour me constituer un stock de lait permettant de pallier à une hypothétique pénurie.  Quand j’ai ouvert le carton il m’a déjà fallu 10 minutes pour comprendre comment monter les tèterelles, la malheureuse feuille explicative concernant seulement l’utilisation du tire lait après installation du matériel. Ça promettait…

J’ai attendu que mon fils dorme pour effectuer le premier essais. La machine de guerre s’est mise à aspirer mes seins et j’ai cru qu’elle ne me les rendrait jamais ! Grosse douleur, extinction de la bête, recherche du manuel, tentative de réglage, ça allait un peu mieux. Après avoir appuyé sur tous les boutons j’ai fini par trouver le mode qui me convenait. Soyons honnête, ça n’est pas douloureux si le tire-lait est bien réglé, en revanche ça fait quand même peur au début ! Les seins se déforment bizarrement, le lait gicle partout dans la téterelle et ne pas faire l’amalgame avec une vache semble compliqué… finalement c’est comme tout, on s’habitue et comme on a de l’humour dans la famille, on en a pas mal rigolé !

 

Trouver la meilleure façon de tirer son lait

Le manuel conseillait aux mamans de mettre bébé a un sein et de tirer l’autre en même temps. Échec total chez moi ! Mon fils tétait principalement en position biological nutriting (c’était le bon temps où je ne me faisais pas escalader en cour de tétée !), donc allongée sur moi qui était particulièrement inclinée en arrière. La loi de l’apesanteur étant toujours d’actualité lorsque l’on tire son lait, il fallait se rendre à l’évidence, ça coulait partout sauf dans le réceptacle prévu à cet effet ! J’ai bien essayé de me redresser mais l’inconfort de la position, pour bébé Lu comme pour moi, a eu raison de ma motivation : je ne tirerait pas mon lait pendant que mon fils buvait !

J’ai donc décidé de le faire téter d’abord et je tirais ensuite le contenu du deuxième sein qu’il n’avait pas vidé. Est-ce mes origines normandes qui font de moi une bonne laitière ? Je ne saurais le dire, mais en tout cas je tirais environ 150 ml chaque matin. Je les congelais ensuite avec amour dans des petits pots en verre sur lesquels je marquais avec application la date et la quantité. Le choix du verre m’avait été fortement conseillé par ma sage-femme, et comme l’idée des particules de plastiques dans mon lait ne me séduisait pas franchement, j’ai opté pour des petits pots de récup’ soigneusement lavés. Un conseil, si vous souhaitez faire de même, mettez une petite annonce sur le Bon Coin, Facebook, … beaucoup de parents donnent des petits pots à leurs enfants et seront ravis de vous les garder !

 

Les premiers biberons

Mon stock de lait se garnissait petit à petit. Il me restait à savoir quand commencer à habituer mon fils aux biberons. D’après ma sage-femme et mes lectures, l’enfant sait quand sa mère n’est pas là et accepte assez facilement, en général, le biberon si c’est une autre personne qui le lui donne. D’après elle, une semaine d’adaptation était largement suffisante et, encore une fois, elle avait raison. À notre retour de vacances il me restait pile poil 7 jours durant lesquels papa d’amour a donné un biberon chaque soir sans aucun problème, à part un bébé très étonné par le débit. Alors non, je n’ai pas envisagé d’autres solutions que de lui donner mon lait dans le traditionnel biberon, de toute façon les auxiliaires de crèche n’auraient sûrement pas eu le temps de faire autrement. À 5 mois, il était déjà assez attaché à l’allaitement pour continuer à très bien téter, et à en avoir envie, lorsque j’étais dans les parages.

 

Trouver son organisation

Continuer à allaiter mon fils m’a beaucoup aidé à reprendre le travail à peu près sereine. Je n’avais, certes, absolument aucune envie de le quitter mais mon rêve de congé parental étant irréalisable d’un point de vu financier, je n’avais de toute façon pas le choix. Mais je savais que je continuais de lui donner ce qui me semblait le meilleur pour lui, et surtout que nos moments de tétée si importants pour nous deux seraient préservés.

C’est à la reprise que ça c’est un peu compliqué… je me levais 30 minutes plus tôt que d’habitude pour avoir le temps de tirer mon lait avant que bébé Lu ne se réveille (c’est, bien entendu, le moment qu’il a choisi pour ne plus faire ses nuits !). J’ai la chance de travailler près de chez moi et de rentrer déjeuner le midi, mais en 15 minutes maximum il fallait que j’ai englouti mon repas pour avoir les 20 minutes nécessaire au trayage de maman. Quand je rentrais à 17h30 après avoir été chercher mon fils, je tirais durant 10 minutes mon lait puis rebelotte avant d’aller au lit. Le plus difficile était cette position penchée en avant, qui me ruinait le dos, pour que le lait coule bien dans les biberons. Après quelques semaines, le rythme était pris et la “traite de maman” faisait parti de mon quotidien. J’ai fait cela jusqu’aux 10 mois de bébé Lu, moment où Monsieur s’est mis à refuser tout simplement les biberons. Comme il mangeait très bien solide à la crèche nous n’avons pas insisté, de toute façon il se rattrape amplement en tétant quand il a sa maman normande sous la main !

 

Le bilan

Avec le recul, je n’ai pas était mécontente de changer de rythme… je commençais à fatiguer ! Maintenant je ne tire plus que le midi, du lundi au vendredi, pour faire don de mon supplément de lait au lactarium, comme je vous l’explique ici. Je n’ai pas trop le choix car ma poitrine supporte difficilement de rester une journée de 8 h sans être vidée, glamour, n’est-il pas ?

J’ai lu pas mal d’articles sur le fait de continuer à nourrir bébé au lait maternel uniquement après la reprise du travail de la maman. C’est faisable, puisque je l’ai fait, mais je pense que c’est tout de même assez difficile si toutes les conditions ne sont pas réunies (et pourtant il paraît que je suis pro-allaitement !). Par conditions j’entends la proximité du lieu de travail et de l’habitation et/ou la possibilité éventuelle de tirer sur son lieu de travail. Je ne me serais pas vu prendre tous les jours les transports avec mon tire-lait sur l’épaule et des pains de glace pour maintenir le lait au frais le soir. Certaines entreprises sont obligées de mettre à disposition des femmes allaitantes une pièce pour qu’elle tire leur lait mais cela concerne uniquement les structures de plus de 100 salariés. Le temps que les femmes passent à exprimer leur lait doit être pris sur leur temps de pose. La loi prévoit aussi jusqu’à 1 h par jour pour les mères allaitantes mais cette heure de disponibilité est défalquée de leur temps de travail. Il me semble donc, vu l’organisation que demande le tire-allaitement, que cette pratique peut-être compliquée à mettre en place selon la profession de la mère.

Malgré la fatigue engendrée par l’heure quotidienne (au minimum) accrochée au tire-lait et le côté moyennement agréable de l’engin de torture qui se gloutonnais ma poitrine je n’ai jamais regretté ce choix. Et si c’était à refaire, devinez quoi ?

Suivez maman chamboule tout !

6 thoughts on “Continuer d’allaiter mais reprendre le travail”

    1. Merci Charlotte ! J’ai remarqué que beaucoup de mamans allaitantes se pose des questions alors j’espère que j’aurais répondu à quelques une d’entre elles !

  1. Oui le lait infantile est infâme… Je n’aurais pas osé le dire même si c’est terriblement vrai. Bravo à toi d’avoir sacrifié une heure de ton temps quotidien pour la traite 👍 !
    Sinon il est possible de congeler son lait dans un bac à glaçon en silicone car pratique à démouler et à glisser dans le biberon. C’est vrai qu’à choisir entre le verre et le silicone j’aurais tendance à préfère instinctivement le verre mais chez moi j’avais déjà des bacs en silicone alors je ne suis pas allée chercher plus loin 🙈 (surtout que le lait congelé ne m’a pratiquement pas servi).

    1. C’est vrai que c’est pratique pour la décongélation de la bonne quantité ! Tu sais quoi ? Au final mon stock ne m’a même pas été utile ! J’arrivais à tirer suffisamment de lait au quotidien, une laitière normande j’vous dit !

  2. Mon commentaire n’a pas l’air d’être passé, je le reposte donc…
    Je n’aurais pas osé dire que lait artificiel a un goût infâme même si c’est malheureusement le cas.
    Bravo à toi d’avoir tiré ton lait, il en fait de la motivation 👍 !
    Je ne savais pas qu’on pouvait utiliser des petits pots en verre pour congeler, c’est vrai que cela m’inspire plus confiance que n’importe quel autre contenant.

    1. Si, si ça avait fonctionnait mais je ne sais pas pourquoi WordPress m’a demandé de modérer ! Alors que franchement, c’est pas la peine si c’est ma copinante la Dinde qui écrit 😉

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